‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 475 sur 1203 · BANCS, SIÈGES DU « SCRIPTORIUM · texte numérisé non relu

BANCS, SIÈGES DU « SCRIPTORIUM

sites de styles des différentes écoles, à la fantaisie des artisteset à leur souci de varier le décor et les attitudes, tient évidemment la plus large place. Toutefois, en dessinant les meubles,, en esquissant les différents gestes des écrivains sacrés, les miniaturistes ne s'inspirent-ils pas aussi de ce qu'ils voient dans les scriptoria où eux-mêmes travaillent ?

Les Évangélistes sont uniformément représentés assis et au cours de l'exécution de leur Évangile. Le siège qu'occupe l'auteur inspiré est traité très diversement, tantôt bloc massif ou meuble supporté par des pieds i, banc ^ ou tabouret ^, chaise ou fauteuil, avec un dossier droit ou arrondi *. Parfois, notamment dans les miniatures de l'école des Évangiles Ada,' ce dossier est revêtu de riches tentures ^. Les scriptoria contemporains ne comportaient certainement pas les dimensions et formes architecturales, que l'imagination de l'artiste prête quelquefois au siège .de^ écrivains sacrés. Dans les Évangiles de Saint-Médard de Soissons, il fait corps avec un édifice à plusieurs étages, qui constitue un décor de pure fantaisie ^.

Dans presque toutes les miniatures, l'Évangéliste est assis sur un coussin épais, en forme de bourrelet, étranglé à chaque bout. Ses pieds reposent sur un escabeau ' ou sur une marche, que précède un siège monumental, parfois sur le socle du pupitre afin de le maintenir ^.

Le plus souvent, l'Évangéliste est représenté écrivant. Parfois aussi, le travail est en suspens ; l'auteur inspiré écoute la parole divine qu'il va transcrire et sa tête est tournée vers le Ciel d'où elle lui vient ^ ; quelquefois, il lève, à

un escabeau, écrivant sur ses genoux sur une bande de parchemin déroulée (Hodgkin, A history of the anglo-saxons, t. I, PI. 46, p. 360). Dans les Évangiles de saint Cuthbert, l'Évangéliste est assis sur le coussin d'un siège sans dossier, les pieds sur l'escabeau ; il écrit sur un feuillet de parchemin, placé sur un pupitre et, de l'autre main,, tient un livre (Brit. Mus. Cotton Nero, P. IV, Caial. of anc. mss., PI. 11).

1. Les pieds du siège sont croisés dans les Évangiles de Clèves et de Blois (Boinet, PI. 60 et 62).

2. Êvang. S. Thierry (Boinet, PI. 77); de S. Aure (B. Arsenal, ms. 1171, f° 64,. Martin et Lauer, Princip. mss. à peint, de la B. de l'Arsenal, PI. i).

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