PRÉPARATION DU PARCHEMIN
Les membranes utilisées dans le scriptorzum y sont le plus souvent sans doute apportées toutes préparées. Les peaux étaient vraisemblablement apprêtées d'ordinaire ou recevaient du moins la première préparation dans les ateliers domestiques attenant au cloître. Les Statuts d'Adalhard signalent, à Corbie, parmi les diverses catégories de « praebendarii » un « pargaminarius » ^. Une miniature d'un manuscrit de Reichenau, du X^ siècle, montre, semble-t-il, un parcheminier agenouillé et penché sur une feuille de parchemin qu'il maintient de la main gauche sur la tablette qui la supporte, tandis que de la main droite, il fait glisser le racloir. Le personnage âgé, vêtu d'une simple tunique et de jambières est évidemment, non pas un mome, mais un artisan 2.
Le travail était exécuté aussi ou complété par les religieux attachés au scriptorium. Un moine de Saint-Gall, dans une pièce de vers dédiée, vers l'an 900, probablement à l'abbé Salomon, décrit le travail préUminaire à l'exécution du manuscrit. Avec le couteau, il prépare les feuilles de parchemin dont seront faits les livres du prélat, il les frotte avec la pierre ponce et enlève les rugosités de la peau, il les presse et les passe au fer, puis tenant droite la règle, il dessine les lignes que suivra l'écriture '.
Godehard, futur évêque d'Hildesheim, élevé à la fin du Xe siècle, au monastère d'Altaich, non seulement y écrivit une Bible et maints hvres de doctrine et de philosophie, mais par humihté, préparait de ses propres mains les membranes et tout ce qui était nécessaire à son travail *. A Saint-Pierre-le- Vif, Amaldus, qui devient abbé en 1096, surveillait lui-même la préparation du parchemin. Sous ses yeux, des moines le découpaient et portaient les feuilles prêtes à leurs frères copistes ^ Le mome de Lobbes, Godéran était aidé seulement dans l'exécution du manuscrit de Joséphe par le frère Cuno, qui se contentait de préparer les feuilles de parchemin ^.