LABEUR PÉNIBLE DES SCRIBES
finale d'un manuscrit du X^ siècle : « omnis labor finem habet, praemium ejus non habet finem » ^. Celui qui sait écrire, observe un scribe du même temps, y trouve soulagement de la vie présente « solator vitae » et s'assure les joies de l'éternelle vie (vitae sibi gaudia quaerit) 2.
En marque du caractère religieux de leur labeur, les scribes irlandais avaient coutume d'inscrire, au début dû manuscrit, une invocation au Seigneur ^. De même, ils commençaient le travail de chaque journée en inscrivant en marge du manuscrit une prière ■*. Tel était aussi l'usage des scribes anglosaxons ^, qui ne paraît pas avoir été suivi par les scribes du continent. Mais, à défaut même de ces gestes pieux, le travail qui s'opère dans les scriptoria ecclésiastiques et monastiques garde bien un sens religieux et sera récompensé par les joies célestes.
L'exercice de l'art d'écrire est méritoire, non seulement par son objet tenu pour œuvre pie, mais parce que ce labeur est considéré comme rude et difficile ^. C'est au prix de beaucoup de fatigue et de sueur ' qu'un livre est exécuté. En écrivant, le moine se donne à lui-même et longtemps la discipline ^. Une série de lieux communs sont familiers aux copistes de ce temps, comme déjà à ceux de l'époque mérovingienne. « L'art des scribes est ardu plus que tous les autres ».
1. Ms. perdu de la B. de B;auvais, Catal. de 1750, no 59 (Omont, Recherches sur la. B. de Bcauvais dans Mém. de rijisiitui, XL, 1916, p. 67).