OUVRAGES « DICTES
un stylet d'or ; au-dessus est* écrit « notarius « ^ L'archevêque de Cologne, Brunon se sentant mourir appelle un notaire et dicte devant témoins son testament 2. Le texte d'une charte, notamment les indications précises du donateur concernant la nature, l'étendue, les limites, les attenances du bien cédé, peuvent être prises aussi à la dictée par un notaire ^. Celui qui compose un ouvrage le dicte quelquefois aussi à des notaires. A la vérité, l'expression « dictare », dans les textes du VHP au XII^ siècle, signifie ordinairement composer et non dicter ^ ; mais quelquefois aussi, ce terme s'entend bien d'une prise à la dictée ^. L'abbé scot, Adamnan à la fin du VIP ou au début du Ville siècle, sous la dictée de l'évêque gaulois Arculfus, a pris fidèlement sur tablettes le texte que présentement il écrit sur le parchemin ^. Vraisemblablement, Alcuin dicte la vie de saint Riquier ; car pour ce travail, il appelle près de lui un notaire (hinc vocato notario) '. Il faut peut-être aussi entendre que l'ouvrage contre Elipand, composé à la hâte et qu'il n'a pas eu le temps de relire et de corriger, a été pris par un notaire à la dictée ^. Sa lettre sur la Confession et la Pénitence a été « dictata
1. Wattenbach, Ans Handschriften, N. Archiv., II, 438. On retrouve la figure de s. Grégoire, dictant à un moine, dans l'Antiphonaire de Hartker, X^ s., Stiftsb ms. 390-1 ; cf. Dict. archéol. chrét., VI, 231.
2. Vita Brun., 43 : « vocato notario, coram memoratis testibus, testamentum suum ipse dictavit » (Migne, CXXXIV, col. 972).
3. Orderic Vital rapporte, qu'un certain Goisbertus a fait un don à S. Evroult, « ipsoque subtiliter et facile dictante, Rodbertus Andréas, scriptor egregius, hoc. modo adnotavit » {Hist. ecclés., V, 18, Migne, CLXXXVIII, 426).
4. Cf. Wattenbach, Das Schriftwesen, 71, n. i et 457 ; Lindsay, Collect., dans Palaeogr. lat., II : « Silence was enforced in the monastery scriptorium. Dictare means to compose » (p; 28). Nous observons plus haut, que quand il y a dictée, le notaire est appelé, hors du scriptorium, (vocato notario).
5. Dans les œuvres d' Alcuin, le terme s'entend certainement aussi parfois au sens premier de <t dicter » (« quod caritatis lingua dictavi », 117, p. 173 ; « cur non movebis linguam ad dictandum, nianum ad scribendiun », 191, p. 318 ; cf. texte cité p. 353, n. 4). Il y a quelquefois doute sur l'acception du terme. Les deux vies de saint Willibrord, l'une en prose, l'autre en vers ont été « dictatae » par Alcuin, aux heures de nui (120, p. 175). Son ou\Tage sur les vices et les vertus a été aussi « dictatus » par lui, en faveur du comte Guy (305, p. 464). Dans ces deux derniers cas, le terme peut signifier soit « dicter », soit « composer ». Quand Aimoin écrit d'Abbon (Vita Abb., 7, Migne, CXXXIX, 393) qu'il jugeait du plus haut prix l'étude des lettres, « maximeque dictandi exercitia », il s'agit évidemment de la composition, non de la dictée. Abbon, ajoute-t-U, ne laissait échapper aucun moment « quin legeret, scriberet, dictaretve ». Ici il peut s'agir de dicter, mais peut-être aussi de composer.
6. De îocis sanciis, Prol. : « primo in tabulas describenti, fideli et indubitabUi narratione dictavit, quae nunc in membranis brevi textu scribuntur » (Migne LXXXVIII, col. 780).