MISE AU NET DE L'OUVRAGE
petit nombre de manuscrits autographes. Presque tous les exemplaires conservés d'ouvrages contemporains sont des copies, comme les manuscrits qui renferment des œuvres anciennes.
Que l'écrivain ait jeté sur les tablettes de cire, ou écrit sur le parchemin le brouillon de sa composition, le texte sera d'ordinaire reproduit, mis au net par les scribes de l'atelier, près duquel l'ouvrage a été composé. Syrus ayant achevé, après un temps d'interruption, sa vie de saint Maïeul, a relu et corrigé l'ouvrage, afin de remettre en l'état premier ce qui avait été corrompu par la faute des scribes \
§ 3. — Travail isolé du scribe et travail en équipe.
La transcription d'un manuscrit est quelquefois l'œuvre d'un seul travailleur. Les scribes qui mènent la vie solitaire écrivent nécessairement tout entiers les livres dont ils ont entrepris la copie. Mais, ce ne sont pas seulement les ermites qui prennent en charge, à eux seuls, l'exécution d'un livre. Maints manuscrits portent la souscription d'un copiste unique 2. D'autres, dont le scribe reste anonyme, sont visiblement d'une seule main. Quelquefois le copiste tient à honneur de faire savoir au lecteur qu'il a fait seul le travail. Le moine de Marchiennes, Amand, signale sur un manuscrit du XP siècle, qu'il l'a exécuté à lui seul ^. Un manuscrit de Reims a été écrit par Etienne, clerc indigne, depuis le commencement jusqu'à la fin *. A Metz, Berlandus a entrepris et achevé l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe ^ Mais le soin que prennent ces scribes de noter qu'ils ont accompli seuls tout le travail, montre que, le plus souvent, sans doute, il était réparti entre plusieurs.
Un certain nombre de copistes collaborent souvent, en effet, dans le scriptorium d'une égUse épiscopale ou d'un