‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 532 sur 1203 · COLLABORATION, PARTAGE D'ATTRIBUTIONS · texte numérisé non relu

COLLABORATION, PARTAGE D'ATTRIBUTIONS

n'ont certainement pas accompli leur tâche en même temps ; ils se sont relayés, pour continuer la copie, soit à leur gré, soit suivant les ordres du chef d'atelier.

Il n'y a pas eu non plus, semble-t-il, distribution et exécution simultanée du travail quand un scribe annonce qu'il passe la plume à un autre. Un moine de Saint-Gall, qui ne se nomme pas, note qu'ayant écrit jusque là, c'est maintenant le tour de Marcellus ^.

En général, quand il y a partage entre un petit nombre de scribes, c'est d'ordinaire la première partie qui est la mieux exécutée ^. L'emploi d'un grand nombre de scribes indique, en général, que la transcription a été faite en hâte. Toute une équipe a été mise au travail afin qu'il soit plus vite exécuté.

Quand un manuscrit est dit avoir été exécuté par un seul scribe, il faut entendre quelquefois qu'il en est le principal exécutant, qu'il a la direction générale du travail. Mais il peut avoir des aides, des collaborateurs subalternes : Au scriptoriiim de Metz, le frater Gerbertus tient la plume ; mais il a, en la personne du doyen, Albricus, un grand « auxiliator » ; Tédricus est un autre « adjutor », et il a écrit une portion du volume. Un manuscrit, exécuté en 911, porte la souscription d'Eriulphus, « levita indignus » et son nom se retrouve, à plusieurs reprises, dans le manuscrit ; le nom du « levita » Wido y est ajouté une fois, bien que ce personnage ne soit pas cité dans la souscription et il s'agit, peut-être, d'un auxiliaire. Un artiste trouve au scriptoriiim des aides, qui sont de simples manœuvres. Godéran à Lobbes a plusieurs auxiliaires ; mais, c'est lui seul qui fait l'essentiel du travail ; il ne demande à l'un de ses aides, que de découper le parchemin ''•

Un travail de traduction, rarement entrepris à cette époque, était peut-être l'œuvre de plusieurs associés. Quand fut entreprise à Saint-Denis, au temps d'Hilduin, la traduction du pseudo Denys, il semble qu'un membre de l'équipe ait lu à haute voix une à une chaque incise du texte grec, un autre la traduisant aussitôt en latin, un troisième fixant par écrit la lecture latine *.

La collaboration implique quelquefois un partage d'attributions. On verra qu'elle peut s'établir entre scribes et enlu-

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