‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 547 sur 1203 · RELIURE DES VOLUMES · texte numérisé non relu

RELIURE DES VOLUMES

volumes ; ils devaient aussi corxfectionner les livres, coudre les feuillets et cahiers ^

Amalaire à Lyon a fait faire pour l'un de ses manuscrits un revêtement de luxe et a fait orner le volume de bandelettes de soie -. Des reliures très riches étaient données à des livres particulièrement précieux, notamment aux Bibles, Évangiles et livres liturgiques. Ce travail relève de l'art des orfèvres et des sculpteurs d'ivoire et il est exécuté dans leurs ateliers et non au scriptorium. Les plats de reliure peuvent être faits de tablettes d'ivoire ou de plaques de métal précieux, comme aussi de simples planches de bois (asseres) ^.

A Saint-Riquier et peut-être dans d'autres monastères, les cahiers sont cousus et les livres reliés par les hommes des moines et hors du cloître. Plus souvent sans doute, la reliure était exécutée là même où les livres étaient écrits et par le même personnel religieux. Elle fut quelquefois l'œuvre de celui-là même qui avait eu la charge de tout le travail précédent. Godéran a pris soin de signaler que non seulement il a écrit et enluminé la Bible de Stavelot, mais que la « ligatura » est aussi de lui » *. Plus souvent sans doute, le travail est fait par d'autres mains que celles du copiste, soit au scriptorium, soit à la bibliothèque, tout de suite, si le manuscrit est important, plus tard si en raison du petit nombre de cahiers qu'il comporte il doit être associé à d'autres par le relieur. Celuici est le plus souvent anonyme. Il s'est fait connaître quelquefois. Un manuscrit en onciales du VIP ou VHP siècle et qui appartenait à l'église de Cologne au temps de l'archevêque Heldibaldus (f 819), porte en finale une. inscription qui signale que Sigibertus a relié le volume^.

§ 7. La durée d'exécution

La mise au net, dans le scriptorium, d'un ouvrage que l'auteur a écrit sur ses tablettes, était faite, sans doute parfois

1. « Vicus scutariorum omnia voluminum indumenta tribuit, conficit, consuit •) (éd. F. Lot, p. 307). Il est dit plus loin que le « vicus militum » fournit les boucliers (scuta) et autres- équipements militaires. Une faute de transcription aurait-elle substitué les scutarii aux coriqrii à qui le soin de coudre les peaux reviendrait natureUeraent ? Les boucliers étant revêtus de cuir, il se peut aussi que le sein de recoucrir les li\Tres ait été assigné aux fabricants de « scuta ».

2. Plus haut, p. iio. Il faut peut-être entendre que les cahiers ont été cousus avec des cordelettes en soie.

3. Plus haut, p. 6 et suiv. Un Calendrier de S. Gall signale un Passionnaire en cahiers ' sine asseribus ^ (Lehmann, Mittelalterl. B. Katai , I, 2t, p. 92).

Page 1