ÉCRITURES SEMI-ONCIALE ET SEMI-CURSIVE
On est d'accord pour reconnaître que la minuscule Caroline qui, au cours du IX® siècle, a prévalu dans tous les scrij)toria de l'empire franc, est sortie d'un rapprochement des écritures semi-onciale et semi-cursive, la première contribuant à rendre la minuscule plus nette et plus régulière, la seconde à donner à celle-ci plus de souplesse et d'agilité ^. Dans l'évolution qui a fait apparaître la Caroline, le rôle principal a été tenu par l'atelier de Corbie ^, en collaboration d'ailleurs avec d'autres scriptoria des régions du Nord, de l'Est, de la région de la Loire moyenne, en particulier avec celui de Saint-Martin de Tours ^.
Dans le même temps, en effet, où des scribes de Corbie tiraient de l'ancienne cursive l'écriture dite du type b ou a b, d'autres scribes du même atelier et sans doute aussi d'autres scriptoria entreprenaient un travail de perfectionnement de l'écriture à la base de la semi-onciale et de la semi-cursive. On a même pensé, que de ces deux initiatives longtemps parallèles, et en concurrence *, la plus anciennement prise serait la seconde et que ce type d'écriture mérite plutôt que le type a b le nom d'ancienne écriture de Corbie ^. Elle piésente d'ailleurs plusieurs formes et on a pu reconnaître trois stades dans les progrès qu'elle a successivement accomplis.
Parmi ces différentes sortes d'écriture propres à l'école de Corbie, la plus ancienne est caractérisée par les formes de la lettre e en ligature avec les lettres m, n, r, etc., par l'n
1. Cf. C. de Boiiard. La question des origines de la minusc. carol. (Palaeogr. lut., IV, 1925, p. 80-1). La question a été traitée récemment à propos des divers types locaux d'écriture, de Lucques, par M. Schiaparelli (Il codice 490 di Lucca), de Vérone par Me Teresa Venturini (Ricerche paleografiche intorno ail arcidiacono Pacifico di Verona), de Corbie, par M. Lauer (La réforme caroling. de l'écriture), de S. Martin de Tours, par MM. Rand et Jones (The earliest boolt of Tours). M. F. Peeters a résumé les données du problème et les solutions proposées dans son article. La question des origines de la min. carol., dans R. belge de philol., X, 1931-2, p. 1289 et suiv.