‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 564 sur 1203 · PROPAGATION DE LA MINUSCULE CAROLINE · texte numérisé non relu

PROPAGATION DE LA MINUSCULE CAROLINE

ristique, qui permet d'identifier sûrement les manuscrits qu'elle a produits, à savoir le large emploi que font les scribes tourangeaux d'une écriture semi-onciale dont les formes sont propres à cette école ^. Les œuvres tourangelles, outre les titres en capitale et onciale, renferment toujours, en tête de chaque article, plusieurs lignes écrites en semi-onciale. Celle-ci s'harmonise parfaitement avec la minuscule Caroline du texte courant.

C'est à Tours que la minuscule Caroline atteint le plus haut degré de perfection ; elle n'est pourtant pas une création exclusivement propre aux ateliers tourangeaux. Elle a été préparée par le travail d'un grand nombre d'ateliers, notamment de celui de Corbie dont les scribes, contemporains de l'abbé Maurdramne, ont fait faire l'étape sans doute décisive à cette forme d'écriture -. Elle prévaut, semble-t-il, dans le même temps, vers 825, à la fois à Corbie où elle l'emporte sur l'écriture a b, et à Tours où elle achève une évolution commencée déjà avant Alcuin. Il s'en faut qu'elle ait été créée de toutes pièces. Dans la formation de la minuscule Caroline on a pu déceler des emprunts faits à la fois aux écritures insulaires, à qui elle doit ses ligatures et abréviations d'ailleurs peu nombreuses, à celles de l'Italie qui a donné les hastes de ses lettres montantes, à l'écriture vvisigothique et naturellement on y retrouve aussi des réminiscences de l'ancienne cursive franque ^.

Sous la forme définitive qu'elle a prise dans les ateliers de Touraine, la minuscule Caroline s'est propagée partout, grâce surtout, semble-t-il, au véhicule des manuscrits de Saint-Martin de Tours *. Péiiétrant avec eux dans tous les scriptoria de l'empire franc, elle tend à effacer les différences entre les divers styles locaux et à devenir une forme d'écriture courante universelle, non sans laisser pourtant subsister certains caractères particuliers à l'atelier ou indi-

1. Delisle (p. 31 et suiv.) a bien marqué le trait distinctif, que représente l'emploi de la semi-onciale, sans essaj-er de déterminer les formes propres qu'elle prend dans les scriptoria de Toiiraine. Samuel Berger {H. Vulgate, 206) caractérise la semi-onciale de l'école de Tours par l'a arrondi et fermé, le g de genre irlandais, à tête horizontale, l'm dont le dernier trait se recourbe à gauche et l'n majuscule.

2. Voir la description de la minuscule Caroline et l'identification des éléments divers qu'elle combine dans le mémoire de M. Lauer, La réforme caroling. de l'écriture lut., p. 421.

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