CORRECTION DIFFÉRÉE, FAITE PAR LE LECTEUR
nais d'Oiigéne du X^ ou Xl^ siècle, Hartgarius, a corrigé ce qu'il a pu (quae potui). Peut-être, ces correcteurs ont-ils été mandatés par le chef d'atelier ^ ; peut-être aussi se sont-ils mis spontanément au travail.
La correction n'est d'ailleurs pas toujours faite immédiatement et sur place. Parfois, on l'a vu, le manuscrit était attendu avec impatience ; on n'a pas eu le temps de le reviser ni même d'en assembler les cahiers, mais le travail différé devra être exécuté -. Ou bien, l'auteur ou le correcteur d'un ouvrage émet le vœu que son travail soit revu par des lecteurs compétents. Raban Maur, offrant l'un de ses ouvrages à Louis le Germanique, le prie de le faire reviser par ses lecteurs ^. Paul Diacre envoyait à Adalhard la collection choisie qu'il avait formée de trente quatre lettres de saint Grégoire, corrigées par lui autant qu'il l'a pu. Il compte que l'abbé de Corbie pourra lire les autres lettres dans un exemplaire meilleur et amender dans l'exemplaire qu'il lui adresse les passages viciés, marqués d'un signe et que luimême n'a pas osé corriger au seul gré de son sentiment (meo sensu) *.
Les livres sont revisés souvent par ceux qui les consultent. Un scribe demande parfois lui-même à quiconque lira le manuscrit qu'il exécute, de l'améliorer par les corrections qu'il pourra y apporter. Le prêtre Immo adjure ses frères qui trouveront des fautes dans ses livres, de ne pas le maudire, mais de corriger ses erreurs et de prier pour lui '". Plusieurs scribes de Saint-Gall, au IX^ siècle, s'excusent de leur impéritie et prient le lecteur, quel qu'il soit, de corriger leurs fautes et de faire au texte les additions nécessaires ". Dans un Sacramentaire du X^ siècle, le scribe ajoute une note pour prier les « fratres » qui s'en serviront de l'amender jusqu'à sept fois