TRANSCRIPTIONS FAITES EN SÉRIE, PUBLICATION
dra ^. A un diacre de l'église romaine, il demande d'envoyer à son archevêque Adalbéron et à lui-même les manuscrits de Suétone, de Symmaque et tous ceux qu'il sait être attendus de lui 2. Le moine Rémi de Trêves, vraisemblablement de Saint-Maximin, est prié de lui envoyer l'Achilléide de Stace, soigneusement transcrite par ses soins ^.
Gerbert n'a pas manqué de mettre à contribution les scriptoria tourangeaux. Il s'adresse à Ebrard, abbé de Saint-Julien de Tours, pour se procurer des livres près de lui et par lui (apud vos ac per vos), A sa lettre était jointe une liste perdue des ouvrages qu'il désirait faire transcrire (quos scribi velimus). Il envoie la provision de parchemin, dont les scribes auront besoin (scribentibus membranas) et ce qui est nécessaire à la dépense qu' Ebrard commandera (sumptus necessarios ad vestrum imperium) *.
Le scriptorium de Saint-Pierre-au-Mont-Blandin a travaillé à la fin du X^ siècle, en faveur de l'église de Reims. Une lettre de Gerbert, adressée à la communauté gantoise, réclame l'envoi à Reims d'un manuscrit que le moine Claudianus devait copier (rescribi debuit). Les moines de Saint-Pierre avaient d'eux-mêmes offert à l'archevêque Adalbéron un certain nombre de « codices », probablement des copies exécutées à cette intention. Mais les manuscrits promis n'arrivaient pas et l'archevêque, par la plume de Gerbert, réclamait la restitution de livres qu'il estimait dès lors appartenir à son église ^.
Des scriptoria bien outillés produisaient quelquefois, sans doute, toute une série d'exemplaires d'un même ouvrage. C'était notamment le cas quand un texte avait été corrigé soigneusement par confrontation de plusieurs manuscrits. Il en fut ainsi, semble-t-il, à Saint-Martin de Tours après la révision du texte de la Bible entreprise par Alcuin ; toute une série de Bibles et d'Évangiles sont sortis des ateliers tourangeaux, spécialisés en quelque sorte en la production d'exemplaires de luxe des Saints Livres. Un ouvrage corrigé pouvait, dans un scriptorium pourvu d'une importante équipe de scribes, faire l'objet d'une sorte de publication. Paul Diacre a envoyé à Adalhard, abbé de Corbie, trente trois lettres de saint Gré-