LIVRES DES ROIS ET DES REINES
Nous sommes moins bien renseignés sur les collections de livres qu'ont pu posséder les rois au X^ et au XI« siècles, Charles le Simple a trouvé dans la chapelle du roi Robert plusieurs livres dont il fit offrande à Saint-Martial de Limoges ^. Robert le Pieux avait dans sa chapelle deux exemplaires des Évangiles écrits en lettres d'or, deux autres écrits en lettres d'argent et deux autres petits, ainsi qu'un Missel venu d'au delà de la mer, recouvert d'ivoire et d'argent ^. Ce roi, qui ne laissait pas passer un jour sans lire les psaumes ^, disposait évidemment d'un ou plusieurs Psautiers ; mais nous ignorons s'il possédait des livres de doctrine ou de science profane.
Les reines et princesses carolingiennes ont-elles aussi aimé, possédé et donné largement des livres aux églises ; telles les sœurs de Charlemagne Ada ^, Gisèle ^, Kisyla ^, sa cousine Gundrade '. Reichenau possédait un Antiphonaire qui avait appartenu à la reine, femme de Pépin d'Aquitaine ^. Des ouvrages de Raban Maur ont été dédiés à l'impératrice Judith ^. Alpais, sœur de Lothaire, de Charles le Chauve et de Louis a été en possession du Psautier de Lothaire, sur lequel a été écrit, sans doute de sa main, une prière pour elle, pour ses frères, en particulier pour Charles, qu'elle appelle son « senior », pour les religieuses vivant avec elle dans le même monastère (in hoc coenobio) ^". Elle l'avait sans doute
1. Adanari chroti., addit., éd. Chavanon, p. 142, à savoir un Évangile écrit en or et argent, deux li\Tes « historiae divinae », un li\Te précieux de comput. Une vie de saint Éloi a dû parvenir au roi Robert, car l'abbé de Solignac l'envoyait à Hervé, trésorier de Saint-Martin, pour la lui communiquer (Baluze, Arin., t. 77, i° 186 ; ( f. Delisle, Cab. des mss., I, 6).