LIVRES DES GRANDS LAÏQUES
D'un certain Gerward qui possédait d'importants domaines à Gand,dans la région de Nimègue, nous savons qu'à sa mort, en 814, il laissa son bien aux moines de Lorsch, qui trouvèrent à son domicile et transportèrent dans leur monastère, des livres au nombre de deux douzaines, dont ils ont dressé la liste et dont quelques-uns subsistent encore ^. Le comte d'Orléans, Matfrid a prié Jonas de l'instruire sur les moyens de sanctifier la vie des laïques et reçoit de lui un ouvrage que l'évêque l'invite à lire souvent ou à se faire lire ^. Dodana, femme de Bernard de Septimanie a écrit, elle-même, pour son fils Guillaume, un « Liber manualis » ^. Une dame, du nom d'Ata, a donné aux moines de Reichenau un Missel recouvert d'argent. Guillaume de Gellone disposait sans doute d'une belle collection de livres qui lui a permis de constituer celle du monastère de Gellone *. Un certain Hemmo, qui se dit son jamulus, a composé pour lui, à sa demande, un recueil d'extraits des Pères '". Un Géraud, comte d'Aurillac, épris comme il l'était des lettres et en particulier des Saintes Écritures ^, possédait évidemment des livres.
La bibliothèque formée par Einhard était assez importante pour être l'objet d'un catalogue (brevis) que Loup de Ferrières a trouvé à Fulda/. Nous ignorons ce que devinrent ses livres ; mais on peut conjecturer que le pieux fondateur et abbé séculier de Seligenstadt les a donnés à sa chère église des Saints Pierre et Marcellin.
Au'X^ et XI^ siècles, les grands seigneurs disposaient sans doute aussi d'une bibliothèque. Guillaume le Grand, duc d'Aquitaine, mort en 1030, gardait dans son palais abondance de livres (librorum copiam) ^.
§ 3. — Les collections des abbés et évêques.
D'un grand nombre d'abbés nous savons qu'ils ont constitué une bibliothèque à leur usage propre, en dehors de celle
1. B. Vatican, PaL lat. 210, 234 ; cf. Lindsay, The early Lorsch script., dans Palaeogr. lat., III, 11.