‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 67 sur 1203 · LES IRLANDAIS A PÉRONNE, CORBIE · texte numérisé non relu

LES IRLANDAIS A PÉRONNE, CORBIE

même quand l'ancien propriétaire d'un manuscrit insulaire ne peut être reconnu, il suffit que ce livre soit parvenu sur le continent pour qu'il soit l'un des témoins de l'influence exercée par les pays d'outre-mer.

Il est facile d'ailleurs de reconnaître en Francia un certain nombre de centres oii s'est particulièrement exercée l'action des Scots. La région du Nord de la Francia, en particulier, trait d'union entre le continent et les îles, a été sillonnée sans cesse par les peregrini scots ; aussi, maintes bibliothèques des églises de cette contrée ont conservé des manuscrits exécutés par eux ou par leurs disciples, soit dans leur patrie lointaine, soit dans les scripioria locaux.

Péronne paraît avoir joué un rôle dans la diffusion de l'écriture comme des œuvres irlandaises. L'abbé scot Cellanus y dictait des vers au VIP siècle i. Des manuscrits écrits à Péronne, peut-être gardons-nous un exemplaire. Un manuscrit de Corbie d'écriture irlandaise qui renferme les enigmata d'Aldhelme, avec leque^ Cellanus était en relations épistolaires ^, aurait été écrit à Péronne et porté au monastère de Corbie '^, où on parvenait aisément en descendant le cours de la Somme. Le manuscrit a pu d'ailleurs aussi être exécuté à Corbie par une colonie insulaire établie dans ce monastère *,

Corbie conservait en outre un certain nombre d'ouvrages composés et de manuscrits exécutés en Irlande^. Un commentaire de Martianus Capella, œuvre d'un Irlandais se retrouve dans un manuscrit corbéien du IXe. siècle ^. Un autre manuscrit de Corbie du même temps renferme VArs Malsachani, ouvrage d'un grammairien irlandais qui s'appelait sans doute Mael Sachan ^ Le manuscrit où fourmillent les fautes de lecture, copié peut-être à Corbie même, a été nécessairement exécuté d'après un manuscrit importé d'Irlande et

1. « Haec modo Cellanus venerandi nominis abbas, lussit dactilicio discrivi carmina versu ». Traube {Perrona Scottorum, dans les Varies., III, 108-9) a montré que la pièce de vers où mention est faite du Vermandois, de l'évêque de Noyon Transmar, et d'un antique palatium royal a dû être composée à Péronne.

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