ACHATS DE LIVRES AU X^ SIÈCLE
de manuscrits du Ville ou IX^ siècle où on trouve des mots
en runes ■^.
Au Xe siècle, Gerbert s'est employé, écrit-il, à Rome; dans le reste de l'Italie, en Germanie et en Belgique à acheter, au prix de beaucoup d'argent (multitudine nummorum), des copies des auteurs -. Quand il prie un correspondant de Barcelone de lui adresser un traité d'astronomie et l'invite à lui demander ce qu'il voudra « in recompensationem », il s'agit peut-être d'un achat ^. Il charge un moine de Bobbio de faire transcrire pour lui un certain nombre d'ouvrages par des copistes, qu'on trouve partout en Italie travaillant à gages (tuis sumptibus). Gerbert promet de lui envoyer, suivant ses indications et à la date qu'il fixera, de quoi couvrir largement la dépense *. A Mettlach, l'abbé Ruothwic, reconstituant la bibliothèque du monastère, a fait acheter des livres, en même temps qu'il faisait exécuter des copies d'autres manuscrits ^ A cette époque et sans doute déjà antérieurement au X^ siècle, des livres étaient mis en vente sur les marchés. Dans la seconde moitié du IX^ siècle, la bibliothèque du monastère de Saint-Hubert a subi des vols importants ; il lui a été ravi entre autres un Psautier écrit en or, ayant appartenu à l'empereur Lothaire. Les voleurs, pour cacher leur larcin, le mirent en vente à Toul, où il fut acheté de bonne foi par la mère de Brunon ^.
C'est sans doute aussi grâce à des achats qu'Olbert, abbé de Gembloux, a réuni au XI^ siècle des livres si nombreux qu'on s'étonnait qu'un seul homme ait pu en acquérir (comparare) un tel nombre ', que Guillaume de Saint-Bénigne a reconstitué la bibliothèque de son monastère^. Nous possédons le détail du prix qu'au XII^ siècle, l'abbé du monas-
1. On en trouve dans l'Évangéliaire de S. Vaast d'Arras et dans les Évangiles de Marchiennes (B. Douai, ms. 12).