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POURQUOI LES CATALOGUES SONT SOUVENT INCOMPLETS

pas toujours les moyens de faire état des livres sortis ou égarés. Il se contente souvent d'inscrire ceux qu'il trouve en place et un certain nombre échappent ainsi à l'inventaire.

Un Catalogue réputé complet est souvent en réalité assez incomplet, en raison aussi de la méthode suivie par le rédacteur. Il est fait par lui relevé des volumes trouvés dans la bibliothèque. Qr les volumes renferment souvent plusieurs ouvrages. Des manuscrits exécutés à part ont pu être reliés ensemble. Un même manuscrit contient aussi parfois plusieurs ouvrages. Le rédacteur du Catalogue a quelquefois pris la peine d'indiquer le contenu de chaque volume. Souvent aussi, il ne signale que l'un des ouvrages, le premier peut-être qu'il trouve en ouvrant le volume, ou le plus important, ou bien, il n'indique que quelques ouvrages renfermés dans un gros volume et d'autres sont négligés par lui. Aussi, si l'existence d'un Catalogue à date certaine établit qu'une bibliothèque possédait sûrement alors tous les ouvrages énumérés, on n'en peut conclure qu'elle ne possédait que ceuxlà.

Un Catalogue qui fait figure d'inventaire général, ne représente parfois d'ailleurs que la collection principale conservée dans Varmarium. Même si une part y est laite à l'Ecriture sainte, aux livres liturgiques, aux Arts Libéraux, ce n'est pas à dire que le sacrarium ne possède pas en outre une collection spéciale de « textus Evangelii » et de livres servant au ministère de l'autel, que la scola ne dispose pas d'une bibliothèque spéciale à l'usage des maîtres et des écoliers.

Les Catalogues ne valent enfin que pour la date où ils sont rédigés. A peu d'exceptions près, ils ne nous renseignent pas sur l'âge des livres qu'ils énumèrent, sur l'époque oùils sont entrés dans la collection. Un Catalogue daté des environs de l'an iioo nous montre l'état d'une bibliothèque à la fin du Xfe siècle, mais ne distingue pas l'apport des divers temps et ne permet pas de reconnaître les étapes d'accroissement de la collection.

Aussi, quelque précieux que soient les renseignements fournis par les Catalogues de livres, ils n'apportent eux aussi que des données fragmentaires et qui ont besoin souvent d'être complétés et contrôlés. Du rapprochement de ces listes avec les manuscrits qui subsistent, sortiront souvent confirmation ou complément mutuel des deux sources d'information.

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