‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 71 sur 1203 · LES IRLANDAIS A CAMBRAI · texte numérisé non relu

LES IRLANDAIS A CAMBRAI

Les monastères voisins, comme Saint-Riquier, du littoral de la Manche gardent aussi des manuscrits témoins du passage des peregrini scots. De Saint-Bertin proviennent un manuscrit du VIP ou VIII^ siècle et un antre du VHP en minuscule insulaire \ En garde d'un manuscrit de Saint- Amand subsiste un fragment d'un commentaire de l'Enéide, lequel est exécuté en minuscule irlandaise du IX^ siècle ^. Marchiennes possédait un exemplaire des Évangiles du IX® siècle, lequel fut commencé par Luiesgethen et achevé par Léoscar, en caractères à son gré peu élégants ^. Ou bien ce manuscrit a été importé d'Irlande, ou bien il a été exécuté sur le continent, peut-être à Marchiennes même par ces deux scribes scots. A Saint-Vaast d'Arras au XII® siècle, on conservait un recueil scot des sentences des pères ^. Il subsiste en provenance de l'abbaye d'Egmont un manuscrit de la « Periegesis » et de la grammaire de Priscien, exécuté en 838 en minuscule irlandaise ^.

A la fin du Ville et au commencement du IX^- siècle. Cambrai, proche de « Perrona Scottorum », paraît avoir été un lieu de séjour et d'activité cher aux Irlandais ^. L'évêque de Cambrai, Albéric (763-90), a fait faire (fieri rogavit), sans doute dans le scriptorium de son église, un recueil de canons irlandais en soixante-douze livres, lequel renferme un long fragmnt en langue irlandaise '. Puisqu'il l'a fait exécuter, ce livre ne vient pas d'Irlande ; mais il reproduit certainement un manuscrit irlandais que les copistes avaient sous les yeux et où ils trouvèrent le fragment d'honélie en langue irlandaise qui a été transcrit comme le reste. On peut conjecturer que des moines scots de passage à Cambrai ont copié ou laissé copier un recueil dont ils étaient munis et que

r.^ B. Boulogne, mss. 342 bis (glossae selectae) et 270 ; cf. Lindsay, Notae latinae, p. 486.

2. B. Valenciennes, ms. 412, Catal. mss. départ., XXV, 372 ■,'Lmàs3^\; Notae lai. p. 489.

3. B. Douai, ms. 13 : « Luiesguethen istiun cœpit scribere librum sed tamen r.ioscar consummavit istis vUibus grammis ; et ideo quicumque lertor sis, inque : Luiessfethen et I joscar teneant fidem, spem et caritatem, ut cœlibem aeterni régis habeant marsionem » ; cf. Catal., série in-40, t. VI, p. 10 et 11.

4. Becker, 125, art. 106 « sentencie patrum scotite », p. 255.

5. B. Univ. Leyde, ms. 67 ; cf. Lindsay, Notae lut., p. 459. Le ms. 670 de la même Bibl. renferme un fragment de glossaire en minuscule irland. (loc. cit.).

6. Cf. Finsterwald, Eine parteipol. Kundgebung, N. Archiv., XLVII, 411.

7. B. Cambrai, ms. 679. On y lit en finale» Explicit liber canonum quera dominus Albericus, episcopus urbis Camaraci sium et .A.drabatius, fieri rogavit (Molinier, Cat., p. 257). Le fragment d'.homélies en irlandais se trouve aux i°» 37 et 38.

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