BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-ÉVROUL
sans doute celui que le Catalogue désigne sous ce terme, décoré de peintures et venu d'Angleterre, avait été donné aux moines qui, au temps d'Ordéric, s'en servaient encore pour la psalmodie \ Il subsiste un Psautier irlandais double provenant de Saint-Évroul ^.
Nous savons par Ordéric que le premier abbé avait fait exécuter déjà une copie de tous les ouvrages de saint Grégoire. Ils sont indiqués en effet en tête des ouvrages des Pères que signale le rédacteur du Catalogue ^. Au rapport d'Ordéric, les scribes formés par Thierry ont reproduit les œuvres de Jérôme, d'Augustin *, d'Ambroise, d'Isidore, d'Eusèbe et d'Orose. Nous retrouvons tous ces noms dans le Catalogue, à l'exception de celui d'Eusèbe, mais son Histoire ecclésiastique figurait certainement dans la collection, puisque Ordéric Vital l'utilise dans les premières années du XIP siècle ^. Ces mêmes scribes ont transcrit les ouvrages de beaucoup d'autres Pères. Au XII^ siècle, au témoignage du Catalogue, Saint-Évroul possédait des œuvres d'Origène, Athanase, Bède, Smaragde, Amalaire, Haimon.
Le Catalogue signale outre un grand nombre de vies de saints, Joséphe, l'Histoire des Angles de Bède, l'Histoire des Lombards avec les « Gesta Pontificum ». La mention de ces deux derniers ouvrages a été ajoutée par une main postérieure, mais ils subsistent et le manuscrit qui les renferme est du XI^ siècle *'. Ordéric utilisait aussi Hégésippe et le « De gloria martyrum » de Grégoire de Tours \ La mention faite d'Hippocrate dans le Catalogue est de la première main, ainsi que celle de Martianus Capella ; Priscien et Solin ont été ajoutés plus tard, ainsi que le « De consolatione » de Boëce ; mais celui-ci subsiste et l'exécution du manuscrit date du X^ siècle ^. Le Catalogue ne signale aucun poète chrétien ni païen, bien qu'Ordéric Vital utilise certainement Arator ^. Il n'est pas douteux que les Arts Libéraux n'aient été beaucoup plus lar-