‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 86 sur 1203 · ET DANS LA RÉGION DU DÉTROIT · texte numérisé non relu

ET DANS LA RÉGION DU DÉTROIT

environ pratiquant les uns l'écriture continentale, les autres l'écriture anglo-saxonne V

Les églises et monastères voisins des points du littoral où débarquent le plus souvent les Anglo-saxons ont gardé des manuscrits que ceux-ci avaient apportés ou qu'ils exécutèrent dans le scriptorium de l'établissement qui les accueillait. Corbie, fondé par une reine anglaise de naissance, sainte Bathilde, possédait dans sa bibliothèque plusieurs manuscrits d'écriture anglo-saxonne -. Ou bien ils sont venus de Grande-Bretagne, ou bien l'exécution en est due à des membres d'une colonie anglo-saxonne volontiers accueillie à Corbie, lesquels travaillaient, relativement nombreux, dans le scriptorium à côté des scribes indigènes ^. Un exemplaire du Commentaire de Philippe sur Job, appartenant à l'église de Cambrai, en semi onciale, porte des traits insulaires ; les abréviations courantes y sont plutôt du type anglo-saxon que du type irlandais "*. Des Évangiles prove-

1. B. Cath. Cologne, io6 ; M. Jones, Cologne ms. io6, A book of Hildcbald, dans Spéculum, IV, 1929, a étudié (p. 40) chacune des mains qui apparaît dans ce ms. De cet examen il résulte que le ms. a été exécuté à Cologne vers 805, qu'il est une copie du ms. préparé en toute hâte à Tours en 802 pour être envoyé à Arn de Salzbourg (Aie. epist. 259, p. 417) et non cet exemplaire même, comme l'a cru Lindsay {Notae lat., 453 et Palaeogit.. lut., III, 7).

2. La B. de Leningrad possède un ms. provenant de Corbie (F v. I 3) formé de deux mss A et B, l'un du VII^-VIII^ siècle en onciale et l'autre du VIIP-IX<'en

écriture insulakc (Dobiasch, Un codex insul. des VII^-IX^ siècles à Corbie, dans Bull, de l'Acad. Sciemes de l'U. R. S. S., Human. 1930, p. 183 et suiv. ; et Hist. atelier Corbie, VII, XI, \'IIfl, p. 121, 129-31), ainsi qu'un autre ms. de même provenance (Q V. I 15) ; cf. du même auteur Questions Corbéiennes, dans les Studien zur latein. Dichlung., Ehrengabe jUr Karl Strecke, 18-28 et Hist. atelier Corbie, XII, p. 132. Un ms. de l'Histoire ecclés. de Bède de la même bibliothèque (Q I, 18) est en écriture anglo-saxonne (Gillert, Latein. Handschr. in .S". Pétersb., dans N. Archiv, \'. 260). Lindsay {Notae lat., p. 486-7) avait signalé déjà le ms. de S. Petersbourg, F I 3, renfermant le Comment, de s. Jérôme sur Isaie, en semi onciale anglo-saxonne du VlP-VllIe siècle et le ms. Q XIV, i de Paulin de Xole en semi onciale anglosaxonne provenant de Corbie.

3. M^ Dobiash observe {Hist. atelier Corbie, p. 55 et 133) que dans le Q v. I 15 on distingue six mains insulaires, dont 2 de minuscule hiberno saxonne, et plusieurs de cursive et semi cursixe anglo-saxonne et en outre une portion d'écriture e n a avec une autre en minuscule précaroline, mosaïque d'écritures insulaires et continentales que peut seule expliquer la collaboration en un même atelier de scribes insulaires et de scribes indigènes. Cet atelier serait celui de Corbie, plutôt que celui de Péronne, comme le croyait Traube (cf. plus haut, p. 4 7, U- 3)- La plupart des autres mss signalés n. i récéd. comportent plusieurs écritures insulaires différentes. Dans le ms. F V. I 3 B, quatre mains insulaires différentes alternent, re\'iemient plusieurs fois et montrent qu'au même temps quatre Anglo-saxons travaillaient dans un seul et même atelier. Comme certaines particularités dénoncent des Anglo-saxons écrivant sur le continent, cet atelier est sans doute celui de Corbie (Dobiash, H^xt. atelier Corbie, p. 130).

4. B. Cambrai, ms. 470 ; cf. Châtelain, Uncialis script., PI. 93 et 94 et Lindsay, Notae lat., 449.

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