LIVRES DONT DISPOSE GERBERT
n'en peut conclure avec certitude que la bibliothèque de l'église de Reims possédât en son temps ces auteurs.
Il n'est pas douteux que sous ses sucesseurs, la bibliothèque de l'église de Reims n'ait reçu de nouveaux accroissements. Il subsiste un manuscrit du X^ siècle, renfermant des opuscules de saint Augustin, que l'archidiacre Hériman a donné aux fratres de l'église de Reims ^. Nous conservons en outre neuf manuscrits du X^ siècle ^ et cinq du XI^ ^.
Au temps où Gerbert s'instruisait, puis enseignait à Reims, il disposait certainement d'une collection de livres de mathématique, musique, astronomie, dont le nombre s'est accru par ses soins ^ ; il avait composé un tableau de l'art de la rhétorique que la bibliothèque de Reims a pu conserver ^. Virgile, Stace, Térence, Juvénal, Perse, Horace, Lucain faisaient, au rapport de Richer**, l'objet de ses leçons. Ces ouvrages appartenaient soit à sa collection personnelle, soit à la bibliothèque de l'église de Reims. Dans tous les cas, nous savons que Gerbert faisait corriger au scripiorium de l'église un manuscrit de Pline, transcrire le Commentaire de Térence par Eugraphius et l'Histoire de Jules César, qu'il se procurait Stace, Suétone et Symmaque " et beaucoup d'autres, copiés soit à Reims, soit ailleurs.
On peut conclure que du VIII^ au XI^ siècle, en dépit des pertes qu'elle a pu subir, la bibliothèque de l'église de Reims s'est continuellement enrichie et que parmi les églises de la Francia occidentale, elle a été l'une des mieux pourvues en livres. Il ne semble pas exagéré d'estimer qu'elle a pu compter au XI^ siècle quelque quatre cents volumes.
En dehors des livres liturgiques ou renfermant des livres de l'Écriture sainte, dont la collection devait être fort considérable, le plus grand nombre des ouvrages qu'elle renfermait, à en juger par les manuscrits qui subsistent et par les citations d'Hincmar, étaient ceux des Pères et théologiens
1. B. Bamberg E III, 21 ; cf. Gottlieb , p. 341. Cet érudit range ce ms. parmi ceux de S. Rerai. Le don fait « fratribus ecclesiae Remensis « s'adressait évidemment au chapitre de la cathédrale.
2. B. Reims, mss. 77, 103, 126, 129, 130, 374, 875, 1097, 1351. Le ms. 1351 (Histeccl. d'Eusèbe) porte cette note contemporaine « Liber s. Mariae et s. Pétri Remensis clai'stri » (H. Loriquet, Catal., IL p. 491). »