LES ANGLO-SAXONS A SAINT-MARTIN DE TOURS
Martin. On a vu qu'il demande à Charlemagne la permission d'envoyer en Grande Bretagne des moines de son obédience afin qu'ils en apportent les livres dont il déplore la disette dans son monastère ^ Vraisemblablement, cette mission fut accomplie et la bibliothèque d'York "^ déversa sur Saint-Martin une part de ses trésors. On a conjecturé ^ qu'Alcuin avait personnellement g^rdé la pratique de l'écriture anglo-saxonne. Si des livres écrits de sa main avaient subsisté, leur aspect paléographique serait peut-être celui des manuscrits anglo-saxons. Il n'est pas venu seul, à Tours ; nombre sans doute de compatriotes l'y ont suivi. Tel Frédégise, son très cher fils * et qui devint plus tard abbé de Saint- Martin. Les moines voyaient avec inquiétude se multiplier le nombre de ces étrangers. A l'arrivée d'un prêtre anglosaxon qui venait visiter Alcuin, un groupe de moines murmurait : « Seigneur, délivrez le monastère de ces Bretons, car comme les abeilles reviennent sans cesse vers la reine mère, a'nsi tous ceux-ci accourent vers Alcuin « ^. Plusieurs sans doute furent admis dans le scriptorium. Le scribe qui a corrigé les Évangiles de Saint-Martin en onciale d'or sur lesquels les rois de France prêtaient serment comme chanoines de Saint-Martin, était peut-être un Irlandais ou un Anglo-saxon **'. Si le manuscrit renfermant diverses œuvres d 'Alcuin qui subsiste et a été exécuté par quelque vingt scribes dont quelques-uns pratiquent l'écriture anglo-saxonne était l'exemplaire préparé en toute hâte sous ses yeux pour être envoyé à Arn, nous aurions une autre preuve que des scribes anglo-saxons ont travaillé à Tours en son temps '. Les églises de Bourgogne ont bénéficié également d'un apport anglo-saxon. Quand Héric d'Auxerre composa son comput, il avait sous les yeux une sorte d'encyclopédie