L. Delisle, Catal. XII, Cab. des tnss., II
BIBLIOTHÈQUE DE CYSOING 653
dore, deux de saint Cyprien, et aussi des manuscrits de Grégoire de Naziance, Jean Chrysostome, Fulgence, Pomère, Rabaii, Claudien (De anima), Ephrem, Cassien, Alcuin, Angelelme, Haimon, Smaragde (Diadema), dont peut-être le monastère était en possession dès le XP siècle.
On trouvait à Saint-Martin, Josèphe en deux volumes, une Histoire ecclésiastique, sans doute, celle d'Eusèbe, l'Histoire de Clément, Hégésippe. Une douzaine de vies de saints isolées, notamment celle de saint Martin, ou de recueils de vies et de passions sont énumérées au Catalogue. En finale, il est fait mention des « Libri gentilium poetarum », mais le texte qui suit n'en cite aucun ; le Catalogue signale seulement deux Priscien, un Sénèque en deux volumes, Sedulius et Prosper ; le « De consolatione philosophiae » de Boëce en deux volumes, son Arithmétique, Hygin et Macrobe.
De cette collection sans doute incomplètement décrite n'ont subsisté que quelques épaves ^.
Le monastère de Cysoing n'était pas attributaire des livres possédés par le marquis Everard, son fondateur, qui a distribué la collection des livres de sa chapelle, entre ses fils et filles. On peut conjecturer toutefois, qu'un certain nombre d'entre eux ont été finalement recueillis par le trésor des moines. En tous cas, au IX® siècle, le monastère possédait déjà une bibliothèque. Nous savons qu'à cette époque le prêtre Walgarius lui a fait don de seize volumes -. C'est au XH® siècle seulement, qu'ont été exécutés les Évangiles dits de Cysoing ^, que possédait le monastère, et qui gardent encore des traits de l'école franco-saxonne.
Les bibliothèques des monastères gantois furent sans doute bien pourvues de bonne heure. Au X® siècle, celle de Saint- Pierre au mont Blandin était assez riche pour être largement mise à contribution par Adalbéron et Gerbert de Reims *. Mais il ne subsiste de cette collection qu'un petit nombre de témoins. De Saint-Pierre, proviennent un glossaire du
1. Un saint Jérôme sur Jérémie, B. Bruxelles, II, 1.021 (Van den Gheyn, 1.008) et un Cassien, II, i.oio, (1172). On a vu qu'un Psautier de S. Amand a été copié sur un ms. de S. Martin (plus haut, p. 250).
2. Becker, 27, p. 60-1 ; cette liste de livres a été publiée pour la première fois par d'Achery, Spicil., II, 879 (Paris 1723).
3. B. Lille, ms. 15. Ce ms. de luxe ne provient pas de l'héritage d'Everard dont le testament signale un Lectionnaire des Épîtres et Évangiles, mais non les 4 Évangiles. La facture du ms. indique d'ailleurs une époque très postérieure à la date de 837, où est mort Everard.