‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1108 sur 1164 · ND0MINICATUM » SEIGNEURIAL ET BÉNÉFICE · texte numérisé non relu

ND0MINICATUM » SEIGNEURIAL ET BÉNÉFICE

gesse du seigneur Bouchard 1. Les terres de Saint-Maurice d'Angers qu'Emma, comtesse de Poitiers, et le comte son frère ont attribuées aux moines de Bourgueil, puis cédées en bénéfice, étaient sans doute comprises dans les limites de leur comté. Le comte Boson, fils de Richard, duc de Bourgogne, a usurpé des biens que le monastère de Gorze possédait en Champagne ; les moines qui ne peuvent saisir de leur revendication ni le roi, ni le duc Gilbert, ni l'évêque de Metz, en appelleront, disent-ils, à Dieu, si le ravisseur s'obstine 2. Les grands seigneurs estiment qu'ils ont un droit sur la portion sise dans leur seigneurie de Yhonor d'une église étrangère 3 et ils ne se font pas scrupule d'empiéter sur sa propriété.

Les seigneurs retiennent parfois en leurs mains les biens qu'ils enlèvent à leurs églises. Arnoul de Flandre jouissait, semble-t-il, du bien dont il avait dépouillé son monastère de Marchiennes et une part des biens sis dans le Saintois qu'ont perdus les moines de Saint-Mihiel était aux mains de leur seigneur, le duc de Haute-Lorraine. Le comte de Poitou, Guillaume Fiérabras avait retenu dans son dominicatum Yabbatia de Noaillé qui appartenait à son abbaye de Saint-Hilaire ; le cellier en particulier servait à ses usages 4. Tel domaine cédé par le seigneur en bénéfice aux dépens de l'une de ses abbayes passera, après la mort du vassal, dans Y indominicatum seigneurial et y restera, au lieu de faire retour à l'église. Lorsque Hilduin, comte de Montdidier, mourut, Hugues le Grand assigna à ses propres besoins le domaine de Combs enlevé à l'abbaye de Saint-Germain-des-prés. Hugues Capet tint semblablement après lui cette villa, qui ne fut recouvrée par les moines que sous le roi Robert et à la faveur d'un échange 5.

i. Charte de Fulcradus, «qui aliquid ex rébus sancti Martini per largitionem domiii Burchardi... in regimine habere videor » (B. N. Paris, Coll. Housseau, I, 182, f° 220). Il s'agit peut-être de Saint-Martin d'Angers, mais plus vraisemblablement de Saint-Martin de Tours, avec qui les Bouchard de Vendôme avaient des relations (cf. Ch. de la Roncière, Vie de Bouchard, Introd. VIII). Le Bouchard ici signalé est ou bien Bouchard I, qui souscrit deux chartes de Saint-Martin de Tours du 22 mars 891 et 5 juill. 905 (Mabille, Pane, noire, 180 et 183), ou bien son fils, Bouchard II le Vénérable. L'un et l'autre sont attachés de très près à Hugues le Grand et à Hugues Capet. Les biens de Saint-Martin dont dispose, en 95 8, le seigneur Bouchard en faveur d'un fidèle, lui ont peut-être été cédés à lui-même par le duc des Francs, abbé de Saint-Martin.

2. Vita Johannis Gorz., 104-5, S S, IV, 367 ; Vita s. Gorgonii, 12, Mabillon, A S, III, II, 190.

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