ACQUITTEMENT DU CENS
occupants un cens en faveur de l'église dépossédée, fut d'autre part certainement appliquée. De même que la garantie du précaire a été étendue des biens retenus alors par les princes à ceux qu'ils ont sécularisés par la suite, les églises reçurent, pour les uns comme pour les autres, la médiocre compensation d'un cens. Tous les actes de précaire verbo régis, souscrits sous Pépin ou Charlemagne et qui ont été conservés, en mentionnent le paiement. Sigovésus et ses hommes, qui ont obtenu l'usage de villae et d'abbayes appartenant à l'évêché de Mâcon, ont crdre d'acquitter, en faveur de l'église et de l'évêque, le cens que marque le bref de chacune de ces propriétés l. Les détenteurs des biens de l'église du Mans reçoivent de Charlemagne instruction de payer un cens, comme de souscrire des précaires. Quand le roi retient pour lui-même l'usage d'un bien d'église, il s'astreint à payer un cens, comme les autres bénéficiers. Pépin, usurpant les biens de l'évêché de Laon, prenait prétexte, au rapport d'Hincmar, de les tenir à cens 2. Charlemagne acquittait le cens de douze livres dûs pour le luminaire de l'église de Reims, en raison de l'occupation du domaine de Douzy 3.
Il ne semble pas toutefois qu'on ait appliqué le tarif d'un sou par manse précédemment prescrit à Estinnes. Vulsindus ne doit comme cens qu'une livre d'argent pour un bénéfice qui comprend 9 localités. Adalbert et Haganon paient 12 sous pour le luminaire de l'église du Mans ; or ils détiennent deux grands domaines en Poitou, un autre en Saintonge, un quatrième dans le Bordelais. Évidemment la taxe d'un sou par chaque casata n'est pas ici perçue. Visiblement, l'ancien usage d'exiger du précariste un simple cens récognitif, a peu près insignifiant, s'est maintenu en dépit du règlement édicté par les synodes. La redevance payée par ces précaristes est à peine plus considérable que celle de 60 sous qui était due à Saint-Wandrille par le comte Ratharius pour une trentaine de grands domaines 4. Très inférieure au tarif du synode d'Estinnes, elle est bien plutôt en rapport avec celui d'un