‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1142 sur 1164 · Cf. plus haut, p. 77, n · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 77, n

2. Il a cédé à Eudes II, comte de Tours et de Chartres, des biens de son abbaye de Saint- Aignan (Charte d'Eudes : « ego quidem cornes Odo qui ex rébus sancti Aniani per largitionem domni Rotberti régis tenere videor », de Grandmaison, Liber de servis, 40), des biens de Saint-Martin de Tours à Foulques, comte d'Anjou, qui les a luimême rétrocédés en bénéfice à l'un de ses fidèles (op. cit., 50). C'est également aux dépens du temporel de Saint-Martin qu'il livre « auctoritate regia » aux moines de Marmoutier» quamdam aream juris mei pertinentem ad abbatiam s. Pétri Puellaris, quae est sita in suburbio Castrinovi » (Dipl.'inédits de Robert 1 1, publiés par M. Pfister Études sur le règne de Robert le Pieux, XLV). Il semble aussi qu'il ait constitué des bénéfices aux dépens de l'abbaye royale de Fleury-sur-Loire. Hugues de Béarnais tenait « beneficio fiscali » une église qu'à sa mort l'abbé Gozlin ne récupéra qu'en la rachetant au roi Robert (Vita Gauzlini, 4, Neues Arckiv, III, 353). Odalric, évéque d'Orléans, tenait « fiscali dono » une autre église qu'il rendit à l'abbé moyennant finances. L'évêque prit en outre la précaution de désintéresser le personnage qui tenait de lui cette église « jure fiscali » ; il lui attribua un autre bien « reciproca vicissitudine sui fisci » (32, p. 364). Cf. Pfister, op. cit. 107-8. En 1030, le comte Dreux tenait en bénéfice, « sub advocationis jure », quatre villae de Saint-Germain-des- Prés ; son père et ses prédécesseurs y avaient ajouté de nombreuses et mauvaises coutumes à Dammartin. A la prière de l'abbé et des moines, Robert intervient près du comte et obtient de lui désistement de toutes prétentions à Dammartin. Dreux gardera les 4 villae, «quas ei concedimus jure beneficii » (Tardif, Mon. hist., 260, p. 163-4). Ce bénéfice d'avouerie tenu déjà par le père et les ancêtres du comte n'a pas été constitué par Robert, mais sans doute par ses aïeux, ducs des Francs et abbés de Saint- Germain. Le roi estime qu'il lui appartient de confirmer ces dispositions et il déclare céder les biens en bénéfice à l'avoué.

3. L'histoire de la villa de Combs, propriété de Saint-Germain-des-Prés, montre l'usurpation se perpétuant du temps d'Hugues le Grand à celui de Philippe I (cf. p. 79). Le duc des Francs, Hugues l'avait cédée en bénéfice à Hilduin et à la mort de celui-ci l'a gardée en ses mains. Le bien resta dans Y indominicatum de Hugues Capet et de Robert II, qui le rendit, il est vrai, aux moines, mais en échange d'autres biens dont il disposa. Sous Henri I, le neveu d'Hilduin, Manassés, a réclamé l'héritage de son oncle ; le roi, pour ne pas perdre sa fidélité, lui a rendu Combs et a restitué cette villa aux moines au décès de Manassés. Eudes, fils de ce bénéficier, a élevé sous Philippe I de nouvelles prétentions sur la terre. Pour liquider l'affaire, Philippe lui a donné Combs en bénéfice, mais en dédommageant Saint-Germain (Poupardin, 64, p. 104-6).

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