‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 309 sur 1164 · Cf. plus haut, p. 179, n · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 179, n

268 les biens d'église sont-ils au pouvoir des rois ?

principes qui régissent l'administration des biens ecclésiastiques et la concession en bénéfice de ces propriétés l. Si, plus tard, l'archevêque de Reims se tourne contre l'évêque de Laon, c'est pour des raisons d'un autre ordre et sous le prétexte qu'Hincmar de Laon a enfreint le premier les règles auxquelles il en appelle, qu'il s'est prêté lui-même à l'envahissement des biens de son église, imputé par lui au pouvoir royal 2. L'un des motifs invoqués par les évêques quand, à Douzy, ils condamnent Hincmar de Laon, c'est qu'il a cédé au roi en bénéfice des biens de son église 3. Auprès de Louis III, l'archevêque de Reims, parvenu au terme de sa carrière, proteste contre les déclarations que les courtisans intéressés font au monarque : « Il en est qui disent que les biens des évêchés sont en votre pouvoir et que vous pouvez les donner à qui vous plaît 4 ». A cette prétention injustifiée, Hincmar oppose les capitul aires de Charlemagne et de Louis le Pieux qui reconnaissent aux biens des églises la qualité d'offrandes votives des fidèles, de prix des péchés, de patrimoine des pauvres et qui interdisent à l'avenir de partager les biens d'église, de leur faire subir aucune violence.

Il s'en faut donc qu'après l'échec des réformes projetée, à Meaux et à Paris, le clergé ait cédé à l'arbitraire royal Sans doute, au sujet de l'intrusion des abbés laïques, la cause des monastères semble alors perdue. L'épiscopat n'a cessé pourtant de s'élever contre cette usurpation et, au Xe siècle, va souffler au sein des communautés monastiques l'esprit réformiste qui, peu à peu, les émancipe à la fois de Yabbatia des laïques ou clercs séculiers et du dominium des propriétaires ou souverains, roi, grand seigneur ou évoque. Dès le IXe siècle, les prétentions des rois à disposer des biens d'église en faveur de leurs fidèles ont soulevé une opposition qui, appuyée sur les protestations des conciles et des papes, par la lettre des canons et des décrétales, a été, pour une part, efficace.

A la vérité, sur cet article, eu égard aux besoins du royaume, le clergé a consenti des sacrifices, mais ses concessions, loin de porter atteinte aux règles canoniques, en rétablissaient l'empire. Peu à peu, en effet, apparaît et se précise au cours du débat une solution qui, à des degrés inégaux, donne satisfac-

i. Expositwnes ad Carolum regem... pro ccclcsiac liberttttutn dcjoisione, Migne, CXXV, 1035 et suiv.

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