LE ROI DISTRIBUE LES BIENS
spoliations dont a été victime l'église de Reims l. Par deux fois déjà, écrit à Léon IV l'archevêque promu en 845 à Reims, cette église a souffert détournement de ses biens à l'usage des séculiers, à l'occasion d'une vacance 2, après la mort de Tilpin, après la déposition d'Ebbon. L'évêque intrus installé à Soissons en place de Rothade a disposé indûment, écrit Nicolas Ier, des biens de l'évêché. Le pape a appris, en outre, que Charles le Chauve a donné en bénéfice des biens de cette église à quelques hommes 3. Vraisemblablement, le roi a disposé ainsi du temporel de l'église que la déposition de Rothade rendait à ses yeux vacante, avant d'y établir un intrus. Charles le Chauve a sans doute profité aussi de la vacance du siège de Sens, car sitôt qu'Egilon y est monté, Nicolas Ier prie le roi de rendre à l'église tout ce qui lui a été enlevé pour des usages mondains 4. C'est au temps où le siège de Beauvais est vacant et à l'occasion des conflits électoraux dont il est l'objet, qu'Hincmar réfute les propos des palatins qui attribuent à Louis III le droit de conférer à qui lui plaît les biens des évêçhés 5.
Après la mort de l'évêque de Langres, Geilon, les biens de l'église ont été déchirés au gré des pillards ; une villa que cet évêque avait attribuée aux moines de Bèze a été sacrilègement envahie et aliénée sans droit par un certain Gautier 6. A la vérité, mention n'est pas faite ici de l'intervention royale et la vacance du siège exposait le temporel épiscopal à des empiétements dont l'exercice du droit de régale n'était pas la seule occasion. Mais les protestations que l'archevêque de Reims élève à plusieurs reprises contre le pillage fait par les rois du temporel des églises vacantes 7, attestent que cet abus est en son temps de pratique courante. A Meaux, les évêques le dénoncent expressément ; les chorévêques ne doivent pas exercer le ministère épiscopal pendant la vacance du siège, attendu