TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE DE L'ABBAYE BÉNÉFICE
plusieurs abbayes dont ce vassal jouira, ainsi que sa femme et ses héritiers 1. La survivance de Yabbatia est parfois promise ou assurée en fait à l'un des parents de l'abbé. En 966, une donation est faite en faveur d'Adraldus, prélat du monastère de Flavigny et de son neveu Milon, à qui appartient comme à lui le soin de la communauté 3. Il semble bien que le neveu du prélat soit son futur héritier ; il est associé déjà à ses fonctions. Un abbé résigne sans doute aussi son bénéfice en faveur d'un sien parent. L'abbaye de Saint-Germain des Prés détenue par Gozlin est donnée, en 881, à son neveu, Ebles d, en faveur de qui sans doute l'oncle s'est désisté.
L'hérédité des bénéfices qui peu à peu s'établit entraîna celle de l'abbaye tenue en bénéfice. De même qu'on possède et qu'on lègue à titre de propriétaire un monastère, on en détient Yabbatia et on la transmet à ses ayant droits à titre bénéficiaire. Les grandes familles ont mi? la main sur une ou plusieurs abbayes et jouissent du privilège d'en fournir héréditairement les abbés 5. L'abbé de Sainte-Colombe de Sens, Guelf on, a eu pour successeur son frère, le comte Conrad, puis le fils de celui-ci, Hugues l'abbé 6. Saint-Germain d'Auxerre a passé aussi des mains de Conrad en celles d'Hugues 7. Saint-Riquier est détenu par les membres de cette même famille. Après le comte Rodolphe, son fils Guelf on occupe l'abbaye qui fut peut-être plus tard recueillie par Hugues l'abbé 8. Comme celle des Welfs, la famille des Robertiniens jouit d'un grand nombre d'abbayes. Robert le Fort a tenu