‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 641 sur 1164 · ÉVÊCHÉS DÉPOUILLÉS EN FAVEUR DU COMITATUS · texte numérisé non relu

ÉVÊCHÉS DÉPOUILLÉS EN FAVEUR DU COMITATUS

Chauve, le comté de Nevers retenait une tranche probablement considérable de l'évêché *. La villa de Sainte- Vertu qui dépendait de l'évêché de Troyes et avait été cédée, sans doute par l'évêque, au monastère de Celles en raison de la pénurie dont souffrait cet établissement, était soumise à la potcstas, au dominium du comté de la même cité 2. Les restitutions opérées, au cours du IXe et du Xe siècles, en faveur de l'église de Châlons, montrent que nombre de domaines de cette église sont aussi aux mains des comtes du pays 3. En 933, le chef de la petite abbaye de Saint-Paul dépendait du comitatus de Sens. Ce bien avait été, semble-t-il, enlevé à l'évêché de Sens, devait acquitter nones et dîmes et pour en disposer, il était nécessaire que l'évêque et le comte fussent d'accord 4. Des biens de la cathédrale Saint-Étienne appartenaient au comté d'Auxerre au temps de l'évêque Chrétien et du comte Conrad qui, de concert, en ont fait l'objet d'un échange avec

villis, quae in beneficio continentur, accipere consuevit » (Halphen, Recueil des actes, 69, p. 170) ; de Lothaire, 954-972 : « de nonis et decimis ut ita de comitatn exolvantur, sicut in capitularibus et preceptis regum insertum est » (33, p. 82) ; cf. dipl. d'Hugues Capet, 990, Gall. christ., VIII, 489. Le diplôme de Louis V distingue bien le benefteium quoddam du comte Geoffroy et le comitatus.

1. 13 janv. 843 : « omnes res ejusdem ecclesie que quondam fuerant ab ea abstracte et quas modo nostri indominicati vassali tenent, tali ratione ut quia nobiseum dimicaverunt fideliter in vita sua tantum cum consensu... episcopi eas teneant, postmortem veroillorumabsque ullacontradictione ad eumdemlocum perveniant ; interdum namque investituram nonas et décimas ipsa ecclesia inde recipiat. Excipimus autem hoc quod cornes ejusdem potestatis habere débet » ( Gall. christ., XII, Instr., col. 300). L'exception stipulée au sujet de la dotation du comté donne à penser qu'un lot important de biens de l'église de Nevers entrait dans la composition du comitatus. Une restitution intégrale le réduirait à rien.

2. 10 janv. 856 : « praecipimus subditam potestatui nostre quandam villam de comitatu et dominio Trecassinae urbis in integro restitui ac mancipari cufdam monasterio », à savoir la villa de Sainte-Vertu, « immunitate attinens episcopatus sancti Pétri, subdita potestati comitatus ejusdem urbis » [Cart. de Montier-la-CcUe, 188, Labore, VI, 195). Cette villa avait été affectée probablement par l'évêque aux moines de Montier-la-Celle, à cause de leur pauvreté ; elle leur a été enlevée par la violence du comte.

3. Cf. fasc. 1, p. 86, n. 3. Les bénéfices des comtes Gérard en 866, Geoffroy en 875, Bernard avant 921, sont peut-être des bénéfices à eux personnels, mais les biens auxquels renonce, en 900, le comte Alédrannus, faisaient certainement partie du bénéfice comtal, des comtés de Changy et de Perthes.

4. Dipl. de Raoul, 23 déc. 933, confirmant en bénéfice à son fidèle Adalard, à la prière de l'évêque Ansusus et du comte Geoffroy, le «caput abbatiolae sancti Pauli, ex ipso scilicet comitatu, cum mansis LX ex Wastinensi comitatu ». Le roi paraît penser que cette abbatia dépendait de l'évêché : « Si autem bae res praefatae de episcopatu tractae fuerint, nonas et décimas, sicut mos ecclesiarum est, persolvant » (H F, IX, 579). L'intervention de l'évêque, quis'associe au détenteur du comitatus, marquerait qu'il s'agit en effet d'un bien del'évêché incorporé au comté. Toutefois, à cette date, l'évêque de Sens était Guillaume; l'évêque Anségise était mort avant la fin du IXe siècle. Peut-être s'agit-il d'Andaldus mort le 25 sept. 933. La date du diplôme renferme des données inconciliables et peut-être pourrait-il être reporté à une époque antérieure au décès d'Andaldus.

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