PERTES DES ÉGLISES DE CHÂLONS, LAON
royaux nantis à ses dépens l. Le temporel des églises de Vienne, d'Autun a été aussi fortement entamé, soit pour constituer le bénéfice comtal, soit pour possessionner des grands 2.
Les diplômes de restitution obtenus du seul Charles le Chauve par l'église de Châlons énumèrent la villa de Mailly, les abbatiolae de Saint-Étienne et de Sainte-Tanche, qui sont aux mains des fidèles du roi, Geoffroi, Téduin et Hadéric 3, Yabbatia de Saint-Sulpice que tient Bernard, deux villae occupées par Odelbertus 4, trois autres qui sont détenues par trois autres fidèles du roi, le viens de Changy5, les biens qui à Watrigneville, fisc tenu en bénéfice par Hugues, appartiennent , à l'église 6, d'autres biens qui, dans la même localité ainsi qu'à Thonance, ont appartenu jadis à la cathédrale Saint- Étienne et qu'a occupés le comte Gérard 7. Les diplômes déclarent restituer en outre tout ce que les dits fidèles du roi retiennent de la potestas de Saint-Étienne 8 et on peut conjecturer que la part qui fut rendue ne représente pas le plus gros dès bénéfices que la libéralité royale avait distribués aux dépens de cet évêché.
L'église de Laon avait perdu sous Pépin la jouissance de plusieurs villae. Au IXe siècle, elle entretenait un nombre important d'hommes royaux. L'évêque Hincmar se plaint que le roi l'oblige à défrayer bien plus d'hommes que son évêché n'est capable d'en alimenter9. La polémique du suffragant avec son oncle, l'archevêque de Reims, fait apparaître plusieurs personnages qui tiennent des biens de l'église fer verbum régis, Nortman et son fils qui occupent la villa de Poilly 10, Éloi, Ragénardus et beaucoup d'autres, dont les
i. Le dipl. cité p. 269. n. 4 restitue cinq villae détenues précédemment en bénéfice parBertmundusetsonpèreEbrardus. Un diplôme de Charles le Chauve (post. 869) rend une villa dont jouissait son ministerialis Lambert (p. 622). On a vu plus haut qu'une part des biens de cette église était assignée au comté (p. 237, n. 2).
2. Voir pour les bénéfices comtaux, plus haut, p. 236. De l'évêché d'Autun a été aussi enlevée la villa de Tillenay au profit sans doute de la famille Robertinienne (plus haut, p. 217), la villa de Marigny que l'évêque Hervé, le 23 avril 920, dit avoir été aliénée sous réserve des nones et dîmes (de Charmasse, 43, I, 69).