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LE ROI CÉLÈBRE LES FÊTES DANS LES MONASTÈRES

Après les partages de l'empire carolingien, les rois, qui ne disposent plus que d'un petit nombre de palais, sont bien plus souvent et plus longtemps les hôtes des monastères. Ils s'y transportent à peu près régulièrement aux grandes têtes. En 842, Charles le Chauve part du palais de Quierzy pour Saint-Quentin, afin de célébrer près du tombeau du martyr Noël et l'Epiphanie 1, A peu près chaque année, on le trouve à Noël, soit à Saint-Quentin, soit à Saint-Médard de Soissons, à Saint-Vaast d'Arras, à Saint-Martin de Tours, à Saint- Germain d'Auxerre, à Saint-Denis 2. A partir de 867 jusqu'à sa mort, il se rend presque régulièrement dans ce monastère pour les fêtes pascales3. De même, en 878, Louis le Bègue, qui a célébré Noël à Saint-Médard, se transporte pour les fêtes de Pâques à Saint-Denis4.

En dehors d'ailleurs des périodes fériées, les rois Carolingiens sont désormais pour les moines des hôtes assidus. Chaque grand établissement monastique les reçoit, suivant l'itinéraire que les circonstances, ou simplement le besoin de trouver ailleurs des subsistances leur imposent5. Tantôt le

1. Ann. Berlin., 842 : « ad memoriam... beati Q îintini martyris, nativitatis dominicae festum celebraturus, proficiscitur » (p. 29); cf. Nith. hist., IV, 6, SS, II, 672.

2. Saiat-Queatia, Noël 842 et 858 (Ann. Bertin., 51) ; Saint-Médard, Noël 872 (p. 121) ; Saint-Martin de Tours, Noël 843 (Dipl. du 27 déc. au 5 janv. B, 1547- 1552, cf. F. Lot, Le règne de Charles le Chauve, 88, n. 1) ; Saint-Vaast, Noël 873 (Ann. Berti t., 125) ; Saint-Denis ? Noël 844 (cf. F. Lot, 130, n. 1), 851 (Dipl. du 29 déc, B 1630) ; Saint-Germain d'Auxerre, Noël 867 (Ann. Berlin., 90 ; Dipl. 27 Déc. 867, B 1745). De même, en 858, Louis le Germanique, qui a envahi le royaume de Charles, va célébrer Noël au monastère de Saint-Quentin (Ann. Bertin., 51). En 888, Eudes célèbre Noël à Saint-Vaast (Ann. Vedast., SS, I, 526).

3. En 867, année où il retint pour son usage l'abbaj'e, il y célèbre Pâques (Ann. Bertin., 86). Au commencement du Carême de l'année suivante, il arrive au monastère, s'en éloigne quelque temps, mais reparaît à Saint-Denis le samedi avant le Dimanche des Rameau'; et s'y trouve encore le mardi des Rogations (p. 91). En 869, il arrive le mercredi avant le carême, 16 février, y célèbre Pâques le 3 avril (p. 98) et y résidait encore le 19. Il ne séjourne pas au monastère lors des Pâques de 870, mais il est présent le 9 octobre à la fête du saint (114). L'année suivante, il se rend à Saint-Denis avant le Carême et célèbre Pâques avec les moines (p. 116). Pendant toute la sainte semaine de 872, il est au monastère (p. 119). Il passe aussi tout le Carême et fête Pâques à Saint-Denis en 874 (p. 125). Il en fut de même l'année suivante. La reine Riclvlde, qui accouche le mercredi de Pâques, attend au monastère le temps des relevailles et le roi l'y rejoint pour les Rogations (p. 126). En 876, il accélère sa marche au retour d'Italie pour être à Pâques à Saint-De:;is (p. 128). Il est d'ailleurs remarquable que le roi n'use ainsi du monastère, comme station quadragésimale et paschale, que pendant le temps où il retient l'abbaye en son indominicatum. Aussi, en 875, il dit du monastère : « quia spscialiter nostrum locum illic habemus » (plus haut, p. 173, n. 2).

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