LE ROI MAINTIENT SON DROIT PERSONNEL
mains de bénéficiers 1. A la faveur de la visite du roi, il n'est pas rare que les moines obtiennent quelque marque de sa bienveillance, donation, restitution, confirmation des biens du monastère, privilège de toutes sortes 2.
Les avantages qu'un établissement ecclésiastique pouvait retirer de la visite du roi expliquent en partie du moins pourquoi aucun privilège n'exempte expressément les églises et les monastères de la recevoir. Le clergé ou les moines souhaitaient maintenir le contact avec la personne royale. Ils auraient eu mauvaise grâce à la prier de leur épargner sa présence. Pouvait-on demander à un roi de s'interdire à lui-même ou à ses successeurs de venir prier au tombeau du saint ? Son intérêt propre, comme sa piété, lui interditde renoncer à l'exercice de son droit personnel. Le 13 juillet 832, eu égard à la pauvreté du monastère de Hasenried, Louis le Pieux l'exemptait de toutes fournitures au profit des ambassadeurs et des envoyés du roi ou du palais, mais spécifiait que les moines devaient fournir des vivres à son passage et à celui de ses successeurs 3.
Si les rois ne renoncent guère au droit de recevoir personnellement hospitalité près des églises favorites, ils réglementent en faveur de celles-là les circonstances de leur visite ; ils fixent et allègent les charges qui en résultent. C'est ainsi qu'au bénéfice des moines de Solignac, Charles le Chauve sacrifie une part de ses prérogatives. Si lui-même ou ses