‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 894 sur 1164 · FOURNITURES, TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

FOURNITURES, TRAVAUX PUBLICS

vances destinées au palais d'Aix 1. Les récits du moine de Saint-Gall mentionnent la fourniture faite à Aix, chaque année, par un évêque de deux chariots de fromage. L'anecdocte témoigne au moins de la manière dont, vers la fin du IXe siècle, les souverains se faisaient offrir des subsistances par les chefs des églises 2. Ces mauvaises coutumes ne cessent de s'introduire à leurs dépens. Les évêques réunis à Meaux et à Paris, en 845 et 846, réclament aussi du roi qu'il n'exige plus des églises de ses États des redevances injustes 3. Plus tard, Hincmar, en 877, le concile de Saint-Macre, en 881, présentent à Louis le Bègue, à Louis III des plaintes au sujet des coutumes qu'on exige des églises, coutumes qui n'existaient pas au temps de Pépin, de Charlemagne et de Louis le Pieux et quiont été introduitesau cours des vingt dernières années 4. Des tiavaux publics ordonnés par les rois peuvent être mis aussi à la charge des églises. Un capitulaire italien de Pépin stipule que pour l'entretien des églises, des ponts et des routes aucune immunité ne saurait être invoquée 5. Suivant le récit du moine de Saint-Gall, au temps de Charlemagne, aucun évêque ou abbé, pas plus qu'aucun duc ou comte, n'était dispenséde prendre part aux grands travaux ordonnés par l'empereur 6. C'est aux contributions de tous qu'est due la construction du pont de Mayence. Le soin de peindre et d'orner les églises appartenant au roi était laissé aux évêques et abbés voisins. S'il s'agissait d'en construire une nouvelle, la charge en incombait aux ducs et comtes, mais aussi aux évêques, aux abbés, à quiconque administrait les églises royales, comme à tous ceux qui tenaient du souverain un béné-

1. Un diplôme de Louis le Pieux 817-825, B M 801) remet à l'église de Reims « omnem operam cum cunctis impendiis quae ex rébus et facultatibus ipsius ecclesiae et episcopatus Remensis Aquis palatio nostro regio peragi et exsolvi solitum fuerat » (Fiodoard, Hist., II, 19, 5S, XIII, 469). Hincmar, en avril 845, obtient de Charles le Chauve promesse que toutes coutumes non dues et exactions injustes cesseront d'être exigées de son église .Syn. Bellov., 5, Cap., II, 388 ; Hincmar, Quatem., Migne, CXX V, 1042). Le 26 mai 850, Charles le Chauve confirmait la remise accordée « de opère et operariis atque omni exactione quae tempore avi nostri domni Karoli imperatoris ex eadem casa Dei exigebantur ad palatium quod vocatur Aquisgrani » (Flodoard, III, 4, p. 478). L'exactio, la coutume de faire des livraisons au palais d'Aix n'a pourtant pas disparu, car dans la liste des redevances dues par les tenanciers de Saint-Remi, on lit : « De bove aquensi libra et dimidia denarii XVIII » \Polypt. S. Remigii, éd. Guérard, XX V, r, p. 91). Ailleurs, mention est faite de 22 manses, «qui singuli habent solvere II asinos, mittendos in Veromandense » (XIII, 22, p. 28).

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