SÉJOUR DES ABBÉS PRÈS DU ROI
des séculiers, alors qu'il résidait au palais \ rendant sans doute à Charles le Simple le devoir coutumier d'un évêque.
Les abbés des monastères, qu'ils soient moines, clercs, séculiers ou laïques, ne sont pas moins assidus auprès des rois. Alcuin parle, en 799, d'un voyage qu'il a dû entreprendre pour trois motifs : son dévouement pour Arn son ami, l'intérêt des églises du Christ et le service du prince 2. Tl s'excuse auprès de Charlemagne de ne pouvoir, en raison de sa santé, l'accompagner à Rome ; que le roi lui donne congé de prier saint Martin avec les serviteurs de Dieu en faveur de son voyage. L'année suivante, l'empereur étant venu à Tours, Alcuin l'accompagne ensuite jusqu'à Aix 3. Il souhaite vivement, écrit-il en 801, dépeser la ceinture du labor militaris, afin de servir Dieu en paix 4. Cinq ans plus tôt, il voulait déjà rompre avec les occupations séculières ; le roi l'a transféré alois au service de saint Martin. Alcuin estime sans doute que ce n'était pas là le décharger de tous soins séculiei s, car il a j oute qu'il est resté fidèle à sa première intention 5 et qu'il ne souhaite rien tant que de vivre et de se reposer parmi les fratres qui servent Dieu dans cette église. A maintes 1 éprises, il supplie l'empereur de l'autoriser à demeurer à Saint-Martin, car infirme de corps, il ne peut plus accomplir aucun voyage ou labeur6. L'abbé laïque Einhart séjournait à peu près régulièrement chaque hiver auprès du rci 7, Quand son zèle pour le service royal est refroidi par l'amour des saints Marcellin et Pierre, il s'excuse de ne pouvoir paraître au palais, en raison de l'ordre céleste qu'il a reçu de ne jamais abandonner une semaine entière les saintes reliques dont il a la garde8. Loup, à peine reconnu comme abbé par ses moines, alors que son prédécesseur disgracié s'attarde encore à Ferrières, est déjà
1. Dialogus de statu sanctae ccclesiae, éd. Dwmmler, Sitzungsber. preussischen Akad., 1901, p. 371. Suivant l'éditeur (p. 366), les interlocuteurs sont des évoques.
2. 184: « Tertia causa tu fuisti itineris mei ; prima fuit ecclesiarum Christ), secunda domni régis » {Ep., IV, 109).