SUPPLÉANT DU PRÉLAT POUR LES OBLIGATIONS MILITAIRES
Hincmar de Reims d'agir afin qu'une convocation en vue de ces opérations militaires qui lui sont si fastidieuses, lui soit désormais épargnée 1. Il lui faudrait donc cette fois encore partir en personne, si l'ordre lui en parvenait. Une lettre écrite à un ami le montre revenant d'une campagne en Bretagne 2. Les hommes de son monastère, fatigués de tant d'expéditions, demandent grâce. Néanmoins Loup ne veut pas manquer le rendez-vous donné 3. Il est en route déjà quand la nouvelle lui parvient que le roi, occupé ailleurs, se sera pas de retour pour la date fixée. Volontiers, l'abbé accorderait à ses hommes le répit qu'ils réclament ; mais le service du rci ne doit pas être négligé et si quelque expédition est dirigée contre les barbares, il entend apporter son aide dans la mesure de ses forces 4.
Ainsi, le détenteur d'un honneur ecclésiastique, quel qu'il soit, doit partir pour l'est quand il est convoqué par le roi. Si l'évêché ou l'abbaye n'a pas de titulaire, le roi substitué à l'abbé, à l'évêque, règle lui-même qui remplira l'office du prélat au point de vue des obligations militaires. Lorsque Charles le Chauve décida de retenir en ses mains l'abbaye de Saint-Denis, il prit des dispositions afin que le service ne restât pas en souffrance. Le major domus du monastère aura le soin de la milice. Cet officier devait réunir le contingent de l'abbaye et sans doute partir avec lui. La cura militiae appartient sans doute aussi à ces fidèles laïques qui veillent à l'acquittement des servitia regalia dus par l'évêché 5.
La mauvaise santé d'un prélat le dispense de répondre à la convocation royale qui l'appelle à l'ost, comme de toutes les autres obligations personnelles du servitium. D'ordinaire, on l'a vu, le prélat âgé et infirme désigne pour remplir le service de l'ost, comme celui du palais, l'un de ses fidèles, moine, clerc ou laïque 6. En 844, les évêques à q ui leur santé ne permet
1. Ep., 78 : « Admonitu vestro et si opus fuerit Hincmari, si expeditio ingruerit obsecro doceatur ut quoniam studia mea non magni facit (rex), vel dignetur considerare propositum et talia mihi injungere, quae ab illo paenitus non abhorreant » (P- 7i).