PRÉLATS PARMI LES COMBATTANTS
ditions contre les païens sont parfois chargés du commandement. Lors d'une campagne en Bohême, c'est Lietbert de Mayence qui tient le primatus 1.
Maints abbés séculiers sont armés et servent parmi les combattants. Il en est ainsi nécessairement de tous les abbés laïques. Des comtes abbés ne font que remplir par là leur métier ordinaire de soldats. Mais des abbés engagés dans la cléricature se jettent et tombent dans la mêlée. Le fils de Charlemagne, Hugues, abbé de Saint-Quentin, de Saint-Bertin et de Lobbes, qui est prêtre, reste parmi les morts sur le champ de bataille d'Angoulême, comme l'abbé laïque de Saint-Riquier, Ricboton 2. Théoton, abbé de Marmoutier, périt aussi les armes à la main 3. Hugues l'abbé, clerc par la tonsure, sous-diacre parce qu'il a reçu cet ordre, mais qui par les mœurs et la vie, au sentiment d'Hincmar, n'est même pas un fidèle laïque, fait sans cesse campagne, soit contre les Normands, soit contre quelque parti de rebelles 4.
Parfois aussi, des évêques prennent part à l'action. Vers la fin du IXe siècle, on signale des évêques tués dans des engagements5. Walon, évêque de Metz, tombe, en 882, en combattant contre les païens 6. En 892, Arnt, évêque de Wurzbourg, est tué au cours d'une expédition contre les Slaves 7.
Mais les évêques et les abbés réguliers qui remplissent le devoir de l'ost ne sont pas nécessairement des combattants. Hincmar qui, si souvent, accompagne le roi avec les milites de son église, dénonce comme un scandale la conduite de cet évêque de Metz qui a trouvé la mort en repoussant les Normands les armes à la main, « contre l'autorité des canons et au mépris du ministère épiscopal-». Celui qui écrivait ces ignés s'abstenait évidemment de tenir l'épée quand il se
1. 872, p. 385. Cf. notre ouvr., La Hiérarchie épiscopale, 288.