‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 973 sur 1164 · NOMBRE DES «MILITES» DE L;ÉGLISE · texte numérisé non relu

NOMBRE DES «MILITES» DE L;ÉGLISE

qu'entretiennent ces églises. En 919, l'archevêque de Reims, Hervé, faisant campagne avec ses seuls hommes, était à la tête de 1500 armati 1 ; mais, semble-t-il, il s'agit cette fois de toute la population libre de l'évêché, à laquelle l'archevêque a fait prendre les armes et non pas seulement des bénéficiers de l'église vivant noblement. Le chiffre des milites possessionnés au IXe siècle aux dépens de l'évêché de Laon devait être assez élevé, puisqu'on reprochait à l'évêque de Laon d'armer tous ses hommes pour venir avec lui au synode, alors qu'il devait se contenter d'une escorte de 10 ou 12 et envoyer les autres combattre les Normands 2.

L'effectif des troupes de milites à la charge d'une église est, on l'a vu, en rapport avec sa richesse. Quelle était cette proportion à l'époque carolingienne ? Il semble qu'une moitié pour le moins des propriétés d'un monastère soit dévolue aux vassi qui servent à la fois l'église et le roi. En 787, à Saint- Wandrille, alors que 1569 manses sont réservés aux religieux, il n'en est pas moins de 2.395 cédés en bénéfice, sans que soient compris dans ce chiffre les domaines qui ont été irrégulièrement distribués aux hommes royaux 3. A Saint-Riquier, en 831, alors que 100 villae sont retenues dans Y indominicatum des moines, 117 sont dévolues en bénéfice aux milites 4. La portion des biens monastiques affectée aux bénéfices était toujours dans les inventaires séparée delà pars indominicata 5 et il semble bien qu'à Saint-Germain-des-Prés 6, comme à Saint-Wandrille et à Saint-Riquier, vraisemblablement aussi à Saint-Bertin, à Corbie, à Saint-Amand, à Wissembourg et dans la plupart des grands monastères 7, la part faite aux

1. Flcdoard, Hist. Rem. eccl., IV, 14 : « solus... cum suis tantum in clefensionem ecclesiae Dei régi occurrit, habens armatos secum, ceu fertur, millt quingentos » (SS, XIII, 577).

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