LES SCEURS-GRISES DE LA CROIX
Ces religieuses continuaient, en effet, k marcher dans la voie de la prospdritd, tant au point de vue de leur noviciat qu d celui de leurs l’ceuvres en general. Le 15 septembre 1865, s’ouvnt leur grand pensionnat de la rue Rideau. Le 26 decembre de la meme annde, l’embryon d’orphelinat dont nous avons raconte l’ongine, devint une oeuvre distincte et pleine de vie. Commencee pauvrement, dans une maison louee, il ne tarda point k s agrandir, et, dds l’annbe 1868, on put l’installer dans un vaste et bel edifice en pierre, qui fut encore augmente en 1872.
Le nouvel hopital general qui est encore aujourd’hui un des monuments de la capitale, fut commence le 3 mai 1861, par l’entrepreneur Davies, et bdnit solennellement le ig mars 1866, fete de saint Joseph. Pendant trois ans il fut loue comme caserne k l’armde, et, en 1870, il fut definitivement ouvert et mis en exercice. Monseigneur y fonda un lit k perpetuitd, pour la somme de trois cent louis, esperant qu’un grand nombre de riches catholiques suivraient son exemple, espoir qui fut malheureusement ddgu.
Au commencement de l’annde 1866 les catholiques irlandais acquirent un vaste terrain, prds de leglise Saint-Patrice, sur lequel ils elevdrent une magnifique construction en pierre qui devait servir, k la fois, et d’orphelinat et d’hospice pour les vieillards. Cette maison fut confiee aux soeurs-grises, mais la gestion des affaires temporelles resta aux mains d’un comitd de citoyens. L’abbe O’Connor qui en demeura, pendant quelques amides, le chapelain et l’administrateur, la fit prosperer, et elle est restde encore aujourd’hui, pour les irlandais, un sujet de ldgitime orgueil.
La fondation de l’hospice Saint-Charles, pour les vieillards, rue Water, remonte M’annee 1871. Les vieillards furent recueillis
dans l’ancien hopital en bois, & coth du nouvel hopital ; plus tard on leur affecta la construction qui existe encore aujourd’hui. Enfin le petit hopital Sainte-Anne, reserve aux maladies contagieuses, date de la meme annEe.
Ce n’est toutefois qu’en 1879, que l’asile de Bethleem, pour les enfants trouv&s, fut cree, non loin de l’dglise Saint-Anne, an coin du square Anglesea.
Pendant ce temps les sceurs-grises dtablissaient des couvents un peu partout, en dehors de la ville ; au Temiscamingue, 1866 ; k Aylmer, 1867 ; k Montebello, 1867 ; k Pembroke, 1868 ; k Buckingham, 1869 ; k Hull, 1869 ; k Maniwaki, 1S70 ; k la Pointe-Gatineau, 1872 ; k Eganville, 1873 ; k Ogdensburg, Etats- Unis, 1873.
LES SCEURS DE LA CONGREGATION.
L’etablissement k Ottawa des religieuses de la Congregation de Montreal, date de la meme epoque. Le Pere Guillard, cur^ de l’eglise Saint-Joseph et M. Collins, cur6 de Saint-Patrice, ddsireux d’avoir, dans la haute-ville, un pensionnat dirige par cette celebre communaute, firent, dans ce sens, les demarches qui aboutirent heureusement en 1868. Le premier octobre de cette annee les nouvelles religieuses arriverent a Ottawa. Le 27 du meme mois elles louerent une maison, au coin des rues O’Connor et Maria, mais des le rer mai 1869, elles durent quitter ce logement insuffisant pour s’installer dans la vaste batisse de l’ancien hotel Victoria, sur la rue Wellington, en face du Parlement.
Cette seconde installation n’Etait encore que provisoire, II fallait songer k construire un veritable couvent qui convint parfaitement au but qu’on se proposait, et qui satisfit k toutes les exigences du contort moderne. Les sceurs achetferent done, rue Gloucester, nos 34 k 38, un terrain sur lequel elles hleverent le magnifique etablissement que tout le monde connait. II fut bhnit par Mgr. Guigues le ier septembre 1872. Le couvent des dames de la Congregation rue Gloucester, et celui des sceurs-grises, rue Rideau, iouissent £galement d’une haute reputation, et sont l’objet, pour les catholiques d’Ottawa d’un Rgitime orgueil,