‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 128 sur 189 · ANCIENNE MISSION DE CUMBERLAND · texte numérisé non relu

ANCIENNE MISSION DE CUMBERLAND

\NS une note de juillet 1861, Mgr. Guigues constatait k la fois, le progr&s de Clarence-Creek et de ear-Brook et la decadence de Cumberland. II y ait k cette 4poque dans les deux comtds de Cumberet de Clarence, deux cent cinquante families cathos.

Enfin, en 1866, un incendie, allumd intentionnellement, parait-il, par des fanatiques orangistes, ddtruisit la chapelle et le presbyt&re de Cumberland. Ce fut le dernier coup pour ce malheureux village. M. Boucher secouant la poussifere de ses pieds, l’abandonna et vint se fixer ddfinitivement k Clarence-Creek. Depuis lors, la mission de Cumberland ne s’est jamais relev6e.

SAINTE-FELICITk DE CLARENCE-CREEK.

Clarence-Creek voyait sa population augmenter rapidement. En 1865, Mgr. Guigues comptait d6j k dans cette mission deux cents families, toutes canadiennes, et lui prddisait un brillant avenir. La chapelle etait devenue beaucoup trop petite, et les fiddles dtaient unanimes k demander la construction d’une belle ^glise en pierre de cent pieds de longueur. Malheureusement, on se disputait comme toujours sur le choix du site. Mgr. tint done

une assemble*, et aprt;s avoir expose au peuple les raisons qui militaient pour le maintien de 1’ emplacement actuel, k savoir : i° la propridte d’un terrain de huit arpents ; 2° la situation du cimetifere ; 3° le rbseau di]k ouvert des chemins aboutissant 4 ce point ; 40 le titre de possession antbrieure ; 5° l’avantage de batir sur un rocher blevb qui fournissait des fondations naturelles et des materiaux en abondance ; enfin 6° la facilite de pouvoir transformer en presbytfere la chapelle actuelle, il regia definitivement que la nouvelle eglise serait blev^e k la place meme de l’ancienne.

“ Et maintenant, ecrivait le prelat, avec une melancolique philosophic, l’eglise peut etre finie dans deux ans, si tous sont d’accord. Mais le seront-ils ?”

C’est sur ces entrefaites que M. Boucher, k la suite de l’incendie de Cumberland, s’etablit k Clarence-Creek qui devint ainsi le centre de la mission. II s’occupa des lors activement k faire un presbyt&re et k preparer les voies k la construction de l’eglise.

Dans sa visite du 29 juin 1868, Mgr. constata que le presbytire et ses dependances etaient achevbs et avaient coute la somme de huit cent quatre-vingt-onze piastres, et que les premiers travaux de l’eglise etaient assez avanc^s. II voulut meme profiter de son assage pour benir la premibre pierre de cet edifice, le 28 juin.

Les travaux se poursuivirent avec une telle rapidite que, le 15 ddcembre de la meme annee, l’bveque d’Ottawa revenait faire la benediction du nouveau temple, et donnait dans l’acte meme de la benediction, un temoignage de sa satisfaction aux fideles et au pasteur dont le z61e avait accompli cette merveille. L’eglise avait quatre-vingt pieds de long et quarante-cinq de large. La paroisse comptait deux cent cinquante families. L’acte est signb d’un certain nombre de pretres dont voici les noms : A. Pallier, A. Brunet, Joseph-Thomas Duhamel, H. X. Chouinard, Seraphin Philip, J. L. Lrancoeur, O. J. Boucher, P^re Bertrand.

Le 15 janvier 1871, eut lieu la benediction d’une belle cloche achetee par souscriptions.

Enfin, dans sa dernifere visite (juin 1873) Mgr. Guigues faisait les observations suivantes : “Cette belle paroisse compte trois cent cinquante families, il serait bien temps d’agrandir l’egdise et de terminer les travaux interieurs.”

Pour donner une idde des travaux des missionnaires de cette cpoque, il suffit de dire que M. Boucher, intrbpide marcheur, avait la coutume de celbbrer la fdte de Noel dans toutes ses missions. L’absence de routes rendant impossible l’usage de voitures il partait, en raquettes, k travers bois, de Clarence, aprds la messe de minuit et allait dire la messe du jour k Sarsfield, k neuf milles de distance.

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