SAINT COLOMBA DE PEMBROKE
Nous avons laissb, en i860, la paroisse de Pembroke sous la direction du Rdv. M. Gillie, marchant paisiblement k un brillant avenir. Pendant l’hiver de 1865, Mgr. Guigues visita de nouveau cette paroisse et constata avec une joyeuse surprise que c’^tait dejfi une ville naissante. Tout y prosp^rait, le presbyt^re 6tait completement achevd. Deux ans plus tard, (f6vner 1865) le villao-e de Pembroke comptait ddji k lui seul soixante-quinze families catholiques. En 1867, Pembroke est qualifie ville par Mgr. Guigues qui autorise l’achat d’un terrain pour un nouveau
cimetiibre.
Cependant, M. Gillie meditait le projet de fonder un couvent dans sa paroisse. Sur ses instances, les sceurs-grises d’Ottawa lui envoy^rent (3 mai 1868) trois religieuses de m6nte, les SS. Kirby, Whelan et Louise. M. William O’Meara avait achetd en leur nom l’ancienne residence d’un ministre anglican qui se trouvait en face de l’dglise catholique ou elles s’installferent. Elies commencdent aussitot k faire la classe dans l’^cole separde qui
avait <bt(b batie en 1864 sur un terrain de trois arpents achetib k cet effet, et ne tardibrent point k s’attirer les sympathies de toute al population catholique.
L oeuvre prosperant, trois autres soeurs vinrent s’adjoindre aux premieres et le pensionnat de Pembroke fut ouvert.
Sur ces entrefaites, M. Gillie mourut (15 juillet 1868) Le corps de ce premier pasteur repose maintenant dans la cathddrale et une inscription tibmoigne du profond souvenir qu’il laissa.
Apr<bs sa mort, un jeune pretre, M. Thomas Caron, fut envoye temporairement k Pembroke (28 juillet-22 septembre) jusqu’i la
nomination de M. Olivier Boucher, ancien cure de Ripon (ieroctobre 1868).
A cette (bpoque, un grand chang-ement se faisait k Pembroke. La population affluait mais elle se portait toute de l’autre cote du Musk-Rat River, dans la haute-ville ou upper-town, si bien que sur un total de six cent soixante-dix catholiques on n’en comptait plus que soixante-cinq dans le vieux quartier. D’un autre cote, le temps dtait venu de construire la grande eglise de pierre si longtemps projet^e. Dans ces conjectures, on se ddtermina sagement k SUlwe le mouvement gebmbral et 4 abandonner l’emplacement de la vieille chapelle. Un vaste terrain dans la plus belle partie de la haute-ville fut done achete et dibs l’automne de 1872 on jeta les fondements du nouveau temple.
Ce ne fut point M. Boucher qui presida k cette grande entreprise, il n’en vit que les commencements. Parti pour les Etats-Ums, il fut remplace, le 21 septembre 1872, par M. Jouvent cunb de Buckingham. L’^glise fut livrde au culte au mois de mai
1874, mais en 1876 seulement on put faire les enduits de ce bel Edifice.
Un jeune pretre lrlandais, M. Stenson fut envoysb pendant quelque temps (1872) vicaire k Pembroke.
Les religieuses comme e’est naturel, avaient suivi l’entrainement general. Un gembreux citoyen leur donna, k cotd de l’eghse future, deux lots de ville. Elies en achehbrent 4 autres (12 avril 1871) et d£s 1872, elles purent s’installer dans un
couvent magnifique qui leur a cout6 dix-sept mille piastres et qui est certainement un des plus beaux de leur communaubh
Nous verrons plus tard comment leur ancienne residence fut transformde en hopital.
C’est ainsi qu’k Pembroke la paroisse et la ville marchaient de pair dans la voie du prognbs.
II y avait, en fevrier 1872, k Pembroke deux cent quatrevingts families catholiques sans compter la petite mission des Joachims fondde k 30 milles en haut de la riviere qui en possddait deji cinquante-huit. Les z616s catholiques de la paroisse voulant contribuer de tout leur pouvoir k la construction du nouvel Edifice avaient fait monter la vente des bancs, cette annbe, k la somme considerable de douze cent trente-neuf piastres.
Pendant l’administration de M. Boucher, M. Ryan, propn6taire de la grande ferme de Rockliffe sur le haut de 1’ Ottawa, avait construit une petite chapelle fort convenable pour l’usage de quelques families catholiques de cette locality Lorsque M. Ryan vendit sa propridtd il eut soin de bien specifier que sa chapelle resterait reserve au culte catholique. Le pr£tre y est toujours bien requ, mais on a regrettd longtemps, nSanmoins le depart de cette excellente famille.
Les deux missions de Rockliffe et des Joachims sont desservies depths longtemps par les RR. PP. Oblats de Mattawa.