‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 183 sur 189 · SAINT-FELIX DE VALOIS DE CHENEVILLE OU D’HARTWELL · texte numérisé non relu

SAINT-FELIX DE VALOIS DE CHENEVILLE OU D’HARTWELL

Cette paroisse comprend la plus grande partie du canton d’Hartwell et des portions de ceux de Ripon et de Suffolk.

Les premiers colons d’Hartwell furent : Pierre Sigoin, Antoine Chartrand, Maurice Pilon, Fdlix Forget, Francis et Joseph Pilon et Augustin Sigoin, qui vinrent en I852, 1853, 1854, se fixer sur les bords du lac Cimon ou Grand-Lac. Avant eux, il n’y avait dans le pays que quelques families sauvages de la tribu “ Petite-Nation,” entre autres les families Cimon et Canard Blanc.

Le mouvement de colonisation s’accentua rapidement, quoique les obstacles au commerce fussent encore plus grands 4 Hartwell qu’4 Ripon, et les communications plus difficiles. I Is portaient k Montebello, k vingt milles, leur potasse, et en rapportaienf, en canot ou sur leur dos, de la farine et du lard.

Dds 1855, le curd de Saint-Andrd-Avellin, M. Ebrard, commenqa k visiter ces pauvres gens, c’est dans la maison de Joseph Vaizeau que l’on se rdunissait pour la mission. Les anndes suivantes la messe fut dite chez Bdlonie Proulx, Pierre Sigoin, Olivier Chartrand et Eustache Turpin.

En juillet 1857, on comptait trente families 4 Hartwell. La

colonisation marcha, dds lors, rapidement, et dans le recensement de i860, il s’en trouva ddjk une centaine.

En 1862, MM. Guillaume et Bourassa vinrent fixer l’emplacement de la chapelle k construire dans cette mission. M. Bourassa ddcida qu’elle serait batie prds du Grand-Lac, sur le n° ig du deuxidme rang- d’Harwell, ce qui eut lieu. Cette petite batisse, en bois, de trente-six pieds sur vingt-quatre, fut levde par corvdes, et ne cofita en arg-ent que soixante piastres. La nouvelle mission regut alors le titre de Saint-Marcellin, nom de la paroisse natale de M. Guillaume. En 1864, une premiere dcole fut fondle. Deux ans plus tard, on en drigea une seconde. Enfin, en 1870, la premiere fut transportde au village.

Pendant que les colons catholiques organisaient regulierement leur mission, quelques suisses de Grenville vinrent s dtablir dans le paps et y portdrent la zizanie. Pendant quelque temps, la rdgion fut infestde de prdtendus ministres de l’Evangile, qui allaient de porte en porte pervertir les ames, et susciter dans les cceurs des simples, des doutes contre notre sainta religion. Heureusement qu’ils eurent affaire d. un pretre zdld et instruit, M. Guillaume, cure de Saint-Andrd-Avellin, qui les poursuivit partout, les forga k accepter des discussions publiques, dans lesquelles ils n’eurent point le beau role, et les chassa finalement du pays. Ces conferences ont dtd publics en un volume, intitule : Le Protestantisme juge et condamne par les protestants eux-memes, qui tdmoigne de Erudition de l’auteur, et qui est le premier ouvrage dcrit par un pretre du diocdse d’Ottawa.

Lorsque, en 1865, M. Boucher fut nommd premier curd de Ripon, la mission d’Hartwell fut ddtachde de Saint-Andrd et lui fut donnde k desservir. Son successeur, M. Caron, en fut dgalement chargd pendant quelques anndes. An juin 1872, Hartwell comptait cent trente families et Suffolk, cinquante. Les gens de ces deux missions, se croyant alors assez forts pour soutenir un pretre rdsidant, supplidrent l’dveque d’Ottawa de leur donner un missionnaire. Ce ne fut qu’en 1874, le 10 aout, que le Pdre Dandurand, administrateur, leur envoya, k titre d’essai, un jeune pretre, vicaire d l’Orignal, M. Motte, qui signa son premier acte dans la nouvelle paroisse du 18 octobre 1874.

Le besoin d une dglise nouvelle et definitive se faisait depuis long-temps sentir.

M. Motte fut done charg'd des deux missions d’Hartwell et de Suffolk. Cette dernidre ne faisait que de commencer et son histoire appartient k la ddcade suivante. Nous n’en parlerons done point aujourd’hui.

Terminons ce chapitre par le tableau comparatif des recensements de 1861 et de 1871 :

Canadiens-

francais.

Irlandais

Total

Protes¬

Population

Catholiques.

Catholiques.

tants.

totale.

voit, l’accroissement de

la population cana-

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