‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 63 sur 189 · ANCIENNE MISSION DE CUMBERLAND · texte numérisé non relu

ANCIENNE MISSION DE CUMBERLAND

Le malheureux village de Cumberland qui ne possede pas meme une chapelle aujourd’hui, fut jadis le centre religieux des catholiques du comte de Russell et l’une des plus anciennes missions du diocese.

Dans ses notes sur sa premiere visite k Buckingham, (octobre 1848) Mgr. Guigues dit quelques mots sur ce canton qui dtait alors desservi par M. John Brady : “ Une chapelle est en construction k Cumberland, mais les travaux sont suspendus, faute de fonds. J’ai encourage les habitants k reprendre une nouvelle souscription pour ac’never l’^glise et pour soutenir le missionnaire . .. Dieu veuille qu’ils reussissent !. . Cumberland compte en tout cinquante families catholiques et cent cinquante families protestantes. La terre est bonne et presque partout conc6d6e. Une savane qui traverse le canton rend les communications difficiles.

“ M. Brady avait l’habitude d’y faire mission, mais voyant que par negligence ils ne donnaient rien pour son support, il a discontinue. Je les ai engages k fournir 25 louis, leur promettant de leur faire avoir la messe tous les mois.”

Quelques anndes plus tard, un fervent chretien, M. Foubert, chez qui descendaient toujours le missionnaire et l’^veque, offrit un terrain de quatre arpents dans le village de Cumberland, pour la construction d’un presbyt^re et d’une chapelle. Mgr. Guigues, toujours attentif 4 ce qui pouvait favoriser la colonisation catholique, envoya aussitot M. Michel, jeune pretre franqais, vicaire de Buckingham, en residence k Cumberland, avec misssion d’organiser le pays, 15 aout 1855. M. Michel apr&s avoir regu, pendant un an, l’hospitalitd: chez M. Foubert, parvint a construire un presbyt^re dans lequel il s’installa.*

La chapelle 6tait situ6e k trois milles, au sud du village, sur la terre d’un M. Robitaille, mais ce site ne satisfaisait ni les gens de Cumberland ni ceux de l’intdrieur. II y eut done de grandes contestations, et l’dveque d^cida qu’on ferait des souscriptions, et que trois chapelles seraient construites, l’une & Clarence Creek, canton de Clarence, une autre k Bear Brook, une troisieme enfin au village meme de Cumberland. Les souscriptions de Cumberland s’&ev&rent k £184 et celles de Bear Broak k £114.

La chapelle de Clarence fut construite la premiere, et benite par M. Michel (mai 1858).

La charge de missionnaire Cumberlrnd n’etait point une sinecure. M. Michel continuait h. administrer, comme pendant son vicariat de Buckingham, les missions de l’Ange-Gardien et de Thurso, de l’autre cot6 de l’Ottawa ; de plus, il desservait Saint- Joseph d’Orleans, les cantons de Cumberland, de Clarence, de Cambridge et meme de Russell, puisqu’il visita plusieurs fois Embrun k une distance de 33 milles. Enfin, pendant l’^td: de l’annee 1858, aprfes le depart de M. Hand pour Aylmer, et sans doute, pendant l’absence de M. Almiras, il dut egalement ■desservir l’immense mission de Plantagenet,

C’est & cette dipoque qu’il construisit, dans le canton de Cambridge, une petite chapelle qu’il appela, de son nom, Saint-Michel, et qui a disparu depuis.

La population catholique de Clarence et de Cumberland, s’^levait, en 1857, 120 families, dont une moiti6 6tait canadienne

* Cette maison devint dans la suite une h6tellerie.

et 1 autre irlandaise. Mais tandis que Clarence grandissalt et prosperait, le village de Cumberland semblait destinb 4 une decadence irrembdiable. L’eveque de Bytown, .nalgrd sa douceur, se vit oblige d’ecrire, 20 septembre 1859, une lettre de reproches et de menaces : “ Les catholiques de Cumberland, disait-il en substance, ont un pretre residant et la messe tous les quinze jours, et neanmoins ils n’ont donnb, l’an dernier que 17 louis, et cette annee, que 11. Voil4 done ce que nous avons decide : i° s’ils veulent un pretre residant, et la messe tous les quinze jours, qu’ils souscrivent 60 louis, avant juillet prochain ; 20 s’ils veulent la messe tous les mois seulement, qu’ils souscrivent, 30 louis. S’ils souscrivent moins, ils n’auront plus la messe, sinon de temps en temps. Qu'ils reflbehissent.” Ils reflechirent sans doute, car le pretre resta parmi eux.

A cette epoque M. Michel n’dtait plus 4 Cumberland. Nomme cure d’ Aylmer, 12 septembre 1858, il avait 6t£ remplace par M. Almdras, de Curran, qui desservit pendant un an les deux cantons de Cumberland et de Gloucester. Le 13 septembre 1859, M. Almeras partit 4 son tour pour Renfrew ; il eut pour successeur et Cumberland, M. Ebrard qui arrivait de Saint-Andrd-Avellin.

Deux ans plus tard, M. Ebrard fut envoyd 4 Wakefield, oil il devait mourir, bientot apres ; et M. Onesime Boucher lui succeda 4 Cumberland, 14 mars 1861. Le R6v. M. Boucher arrivait de Saint-Eugene ou il avait 6te vicaire. C'etait un homme vigoureux et actif. Il commenqa par restaurer le presbyt^re de Cumberland, puis il batit dans le village une grande chapelle en bois de 75 pieds de long sur 36 de large, qui fut bdnite par l’^veque, 15 octobre 1862, sous le titre de Saint-Antoine-de-Padoue.

Nous verrons plus tard comment, 4 la suite de l’incendie qui dbtruisit cet bdifice, la mission de Cumberland fut d^finitivement abandonnee et remplacde par celle de Sarsfield.

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