‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 2)Chapitre 70 sur 189 · SAINT-PIERRE DE RICHMOND · texte numérisé non relu

SAINT-PIERRE DE RICHMOND

Cette vieille colonie militaire eut, comme nous l’avons deji vu, au deuxieme livre de cet ouvrage, le Rev. M. Haran, pour pretre desservant (1822). A partir de 1827, les missionnaires de Bytown firent le service de Richmond, pendant une dizaine d’annees. La chapelle date de 1S25 ou de 1826. En 1836, le Rev. Terrence Smith, fut nommd curd rdsidant k Richmond, ou il resta jusqu’apres l’annexion du canton de Goulburn au diocese de Bytown.* Alors il permuta avec le Rev. Peter O Connell (1851) et passa au diocdse de Kingston. Voici de quelle fapon se fit cet echange des deux pretres.

“ Je suis bien aise d'apprendre, ecrivait de Perth, au commencement de 1850, Mgr. Phelan, k l’eveque de Bytown, par votre lettre du 14 courant, que vous acceptez la combinaison que je vous propose de faire permuter ensemble MM. Terrence Smith et O’Connell. M. Smith ira k Smith’s Falls, et M. O’Connell k Richmond. M. O’Connell est un homme accoutume aux canadiens et capable de parler fran^ais, et par consequent il pourra leur rendre de grands services de ce cotd-k'i. M. McDonagh a un grand desir de voir son neveu, M. Madden, h Richmond, mais il est ddjh nommd pour une autre mission, au-dessus de Kingston,

* Le R4v. Terrence Smith naquit en Irlande, en 1806, ordonrn^ pretre a Montreal (novembre 1836) il vint aussitot k Richmond. De Richmond, il passa h Smith’s Falls (novembre 1851) oh il mourut (6 diicembre 1859).

k Trent, ou j’ai trouvd un grand nombre de canadiens qui ont besoin d’un pretre qui parle leur langue.

“ II est entendu qu’aussitot l’approbation de Rome arrivbe, pour la nouvelle division du diocfese, le canton de Huntley sera adjoint au canton de Ramsay qui en a tant besoin pour faire vivre un pretre. Le cure de Richmond en sera done privd.

“Mais comme M. Smith m’a dit que vous aviez offert le canton de March h la place de Huntley, k celui qui sera charge de Richmond, j’espere que vous aurez la bont£ de donner March k M. O’Connell, aussitot qu’il sera chargd de Richmond, et par ce moyen, il y aura quelque encouragement pour le missionnaire.”

Comme on le voit, la nomination de M. O’Connell h la cure de Richmond fut un des derniers actes de l’administration de Mgr. Phelan dans cette partie du diocese. Mgr. Guigues ne donna point au cure de Richmond la mission de March, qui resta attachee k la cathedrale, mais il lui laissa celle beaucoup plus importante de Nepean, aujourd’hui paroisse de Fallowfield.

Richmond, comme tous les peuples heureux, n’a pas d’histoire. Plusieurs lots de village : 13 arpents, donnbs gbnereusement le 4 mars 1837, par M. Wm. Copuland, et 13 autres, donnds le 14 aout 1848, par le gouvernement, etaient attaches cette dglise et contribuaient au soutien du pretre. La chapelle construite sur un des lots de M. Copuland, ^tait vieille et tout-4-fait indigne de la paroisse.

Le bon M. O’Connell aimait, h la mode d’autrefois, k dire la messe dans les maisons privdes et a faire mission chez une dizaine de families. Il ne comprenait point l’utilite des somptueux edifices. L’eveque de son cote, soupirait et disait que son venerable ami etait un viel arbre impossible k redresser.

Heureusement la Providence y pourvut en permettant que la vieille chapelle d^labr^e devint la proie des flammes. Il fallut done songer reconstruire ; on se hata et bientot (1858) une bglise en pierre, longue de 60 pieds et large de 36, avec une vaste sacristie, fut elevee et benite. Elle avait coutd 550 louis. Malheureusement, M. O’Connell, dont le gout artistique n’t^tait pas trfes siir, la

fit couvrir toute entire d’un horrible badigeon bleu, dont 1 effet est deplorable.

II y a peu de catholiques dans le village de Richmond, mais d’excellents chemins permettent aux fermiers de Goulburn, de North Gower et de Marlborough, de venir de loin aux offices.

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