SAINT-CAMILLE DE FARRELTON — (AUTREFOIS SAINT-JOSEPH DE
wakefield).
Cette paroisse est relativement ancienne. Ses habitants, tous irlandais, s etablirent au pays, h. l’epoque, ou immidiatement apr^s 1 epoque de la grande famine. Attires sur les bords de la Gatineau par la facilite qu ils avaient de trouver de l’ouvrage dans les chantiers, et d’y vendre k bon prix, leurs denrds, ils commirent la taute de mal choisir leurs terres et de laisser aux protestants les plus fertiles du pays. Ce n’est done qu’h force de travail et de privations qu’ils parvinrent k sortir-de leur mishre. La population lrlandaise des deux cantons de Wakefield et de Low a la meme origine, et provient de la meme emigration.
Plusieurs annies auparavant, nianmoins, quelques colons etaient dejk etablis k Wakefield. Lorsque les pretres, MM. Brady, Desautels, Hughes, venaient y faire mission, e’etait chez M. Farrell qu’ils disaient la messe et qu’ils tenaient les assemblies. Le 4 juillet 1844, un protestant converti, M. Samuel Lord, avait fait don k la mission, de 8 arpents de terre pour l’eglise ; mais les catholiques desirant avoir un cure, achetirent, sur le conseil de Mgr. Guigues, le lot entier nQ 5, ge concession, sur lequel se trouvaient les huit arpents, et y construisirent une pauvre chapelle en bois.
Le Pere O’Boyle, oblat, fut le premier curd risidant de Farrelton. Le premier acte des registres paroissiaux ou nous voyons son nom est celui du bapteme de Patrick Cahill (30 mars 1850). Le Pere O’Boyle, trouvant, sans doute, la population trop pauvre, ne fit aucune amelioration k la chapelle et se contenta, pour lui-meme, d’une demeure tris provisoire. En septembre 1853, il fut nomme cure de Plantagenet, permutant avec M. McGoey, lequel signa son premier acte, le ier janvier 1854.
M. McGoey fut un peu plus heureux ; il entreprit la construction d’un presbytere et d’une iglise. Pour riussir, il eut recours
k plusieurs moyens : quetes dans les chantiers, souscriptions de's habitants, et vente du lot de terre de l’dglise, dont on ne se rdserva que trente arpents. Le succds couronna ses efforts. En 1857, le presbytdre dtait achevd et payd ; c’dtait un Edifice assez modeste, mais convenable, qui devait suffire jusqu en 1894. II reussit encore k batir l’dglise. Pour y parvenir sans trop charg-er les habitants, Mgr. Guigues nomma M. McGoey k la cure de Chelsea (avril 1859) avec la condition d’aller, une fois par mois, faire mission, gratis k Wakefield, de faqon k ce que les paroissiens pussent consacrer leurs ressources k la chapelle. Ce moyen rdussit et, au commencement de i860, l’dveque d’Ottawa pouvait constater “ qu’une jolie dglise, en pierre, de 60 pieds sur 36, couverte en ferblanc, avait etd elevde dans le cours de 1 annee precedente et que, quoique non terminee, elle faisait grand honneur au pasteur.”
Ce n’dtait point sans difficultes, en effet, que ces travaux avaient dtd mends k bonne fin. Dans une note de juin 1857, Mgr. Guigues faisait un tableau desespdrant du pays. “ Cette mission ancienne, disait-il, qui depuis sept ans, possdde un pretre rdsidant, ne fait aucun progrds. On compte 300 ames a Wakefield, et 500 k Low. Le revenu du curd ne s’dldve qu’k soixante louis, ce qui est insuffisant. Tout est en desordre, les enfants sont mal instruits, l’dglise est insuffisante et le curd, ddcourage, demande son changement. Je serais tente d’abandonner ces pauvres gens, mais ce serait risquer l’avenir de la colonisation sur cette rividre.
On comprend maintenant pourquoi M. McGoey fut envoyd k Chelsea. Ce changement dtait, k la fois, une punition pour les gens de Wakefield et une diminution de leurs charges.
En i860, Mgr. Guigues visita Wakefield, et fit la rdflexion suivante, sur l’dtat de choses qu’il y trouva. “ Beau presbytdre, un peu loin de l’dglise, k cause de I’eau. L’dglise est en pierre. Une fois terminee elle sera convenable. M. O’Larrel s’est chargd d’aller qudter dans les chantiers, pour cet objet. 60 families k Wakefield, 100 k Low.”
Le 27 mars 1861, M. Ebrard, curd de Saint-Andrd-Avellin, fut envoyd de rdsidence & Wakefield. Mais, quelques mois aprds,
ayant commis l’imprudence de prendre un bain dans la Gatineau, il fut emport^ par le courant de cette riviere qui estun longrapide, et se noya.
Son successeur fut le Rev. Camille Gay, jeune franpais, recemment ordonne. Le premier acte signd par M. Gay date du 13 octobre 1861.