‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 249 sur 275 · SAINTE-ÉLIZABETH DE CANTLEY · texte numérisé non relu

SAINTE-ÉLIZABETH DE CANTLEY

L'histoire de la mission de Cantley date, à proprement parler, de 1850, puisque, au commencement de cette année, une pétition fut envoyée à l’évêque d'Ottawa, au nom de cinquante-cinq chefs de familles, tous irlandais, résidant dans le canton de Hull, sur le côté est de la rivière Gatineau, à l'effet d'obtenir l'autorisation d'élever une petite chapelle dans cette partie du canton, et d’y avoir, de temps en temps, la visite du prêtre, particulièrement au printemps et à l'automne, époques où ils se trouvent dans l’impossibilité de traverser la rivière pour se rendre à Chelsea. : Mgr. Guigues leur répondit qui leur accorderait volontiers ce qu’ils désiraient, à trois conditions : 1° qu’ils tomberaient tous d'accord pour le choix du site de la chapelle ; 2° qu’ils obtiendraient une donation de douze arpents de terre pour la dite chapelle ; 3° enfin qu’ils pourvoieraient, par souscription, à son érection.

Les choses en restèrent là jusqu’en 1857. A cette époque, les habitants de Cantley, devenus plus riches ou plus zélés, se mirent résolument à l’œuvre. Mgr. Guigues chargea, par la commission suivante, M. Hughes, curé de Cantley, de diriger les travaux : 16 juin 1857. ‘ Nous autorisons le Rév. James Hughes à ouvrir

un cimetiére sur la partie du canton de Hull située à l’est de la rivière Gatineau, pour la commodité de ceux de ses paroissiens qui demeurent dans ces quartiers et qui se trouvent souvent dans l'impossibilité d'apporter à Chelsea les corps de leurs amis défunts. Nous l’autorisons également à choisir le site d’une chapelle qu’on éléverait à côté du cimetière. Lorsque cette chapelle sera construite, M. Hughes pourra la visiter de temps en :emps pour y donner ses services spirituels aux petits enfants et aux vieillards qui ne peuvent pas se rendre à Chelsea. De plus, nous attachons à cette chapelle un petit nombre de familles qui n’en sont point éloignées, et que l’obstacle des moyens empêche de se rendre à Wakefield.”

La chapelle fut terminée l’année suivante et bénite dans l'été de 1861, lors de la visite pastorale de l’évêque. Voici les remarques que fit alors Mgr. Guigues sur la mission de Cantley : ‘ Il faudra séparer Cantley de Chelsea à cause de l'obstacle de la rivière. On compte ici soixante-trois familles auxquelles on pourra en adjoindre quelques autres des cantons voisins de Wakefield et de Portland. L'église a coûté cent sept louis. Elle est située, paraît-il, au centre de la région, ce qui est certain c’est qu’elle se trouve à un demi mille de toute habitation. J'ai fait clôturer le cimetière et j’ai conseillé de bâtir une maisonnette pour le missionnaire. Le peuple, tout irlandais, se montre courageux et mérite d’être soutenu.”

Trois ans plus tard, Mgr. signalait un don de quatre arpents de terre fait par M. Child.

La séparation définitive de Chelsea et de Cantley eut lieu comme nous savons, en 1868, et M. McGoey, curé de Chelsea, devint premier prêtre résidant de la nouvelle paroisse. Il ouvrit les registres et signa son premier acte, le baptême d’Etienne Kherney, le 26 décembre 1868. Cette division était une malheu-

se nécessité, car les deux paroisses devaient avoir bien de la peine à entretenir leurs curés.

Dans sa visite de mai 1872, l'évêque constate la bonne qualité des terres de Cantley qui l’emportent sur celles de Chelsea. Malheureusemert, il n’y avait là que soixante-cinq familles. Avec trente de plus, dit-il, on en ferait une excellente mission.

M. McGoey, installé à Cantley non dans un presbytère mais dans une maison qui lui appartenait, entreprit de remplacer la vieille chapelle qui tombait en ruines par une autre plus vaste et plus convenable, (Grâces aux sacrifices de ses paroïissiens et aux largesses de deux bienfaiteurs, MM. Eddy et Alonzo Wright, il vint à bout de construire, argent comptant, l’église qui subsiste encore aujourd’hui et à la pourvoir des objets nécessaires au culte: harmonium, chemin de la croix, cloche, ornements. Cette église est fort modeste, en bois avec fondation en pierre, longue de soixante pieds, large de trente, et tout ce qu’on peut en dire c'est qu’elle suffit aux besoins de la population. Mgr. la bénit, ainsi que la cloche, au mois d’août 1872, lors de sa tournée pastorale.

Cantley compte plusieurs écoles : celle du Burk Settlement, fondée en 1840 : l’ancienne école volontaire du Cantley road et du Birt Settlement, fondée également en 1840 et remplacée, en 1864, par une nouvelle bâtisse ; l’école de Wilson’s Corner(1870) ; l’école du Birt Settlement (1868). En 1875, on voulut séparer les enfants du Cantley road et du Birt Settlement et l’on bâtit, à l'intention de ces derniers, une nouvelle école. Cette maison ayant été transformée en presbytère (1877) un troisième édifice fut alors élevé.

Au nord de Cantley, dans les montagnes du canton de Wakefield, commençait alors à se former la mission connue sous le nom de Saint-Pierre de Wakeñield, aujourd’hui Pélissier, dont nous aurons l’occasion de parler plus tard.

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