‹ Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa [microforme] (volume 3)Chapitre 255 sur 275 · SAINT-GABRIEL DE BOUCHETTE · texte numérisé non relu

SAINT-GABRIEL DE BOUCHETTE

Lors de la visite de Mgr. Guigues en 1849, la mission de Bouchette n’existait pas, mais il fut tellement frappé de la beauté du site qu’il désigna dès lors cet endroit pour l'emplacement d’une chapelle.

Les colons des cantons de Bouchette et de Cameron furent longtemps desservis par les Pères oblats de Maniwaki. Voici les noms des missionnaires qui eurent successivement la charge de cette localité :

Rév. Père Thomas Clément, de 1849 à 1853.

Rév. Père Paul Andrieux, de 1853 à 1860.

Rév. Père Régis Déléage, de 1860 à 1866.

Rév. Père J.-B. Baudin, de 1866 à 1870.

Rév. Père F.-X. Thérien, de 1870 à 1872.

Comme il n’y avait pas de chapelle à Saint-Gabriel, les Pères, faisaient la mission dans des maisons particulières. Ainsi, le Père Clément dit la messe au lac Rond dans la maison de Pierre Paul, en 1851, où il baptisa l'enfant Léon Richard. Plus tard, on fit les offices chez Augustin Richard, non loin de la ferme des Six. Ensuite, plus haut sur la rivière, chez Laurent Lafresnière. Enfin chez Francis Nault. C’est dans cette dernière maison que Mgr. Guigues fit la visite pastorale en 1857, le jour de la fête de l’archange saint Gabriel qui fut choisi, pour ce motif, comme le titulaire de la misssion.

En 1863, une petite chapelle (quarante pieds sur trente) fut élevée à Bouchette à l’occasion de la visite pastorale. L'’évêque, voulant venir en aide à la mission, lui fit cadeau de vingt-cinq piastres, ce qui permit de se procurer quelques objets indispensables au culte. En 1871, le Père Richer, chargé provisoirement de la mission, décida les paroïissiens à se procurer une cloche de cent livres qui fut bénite le 21 octobre par le Père Déléage, mais comme la chapelle n’était en réalité qu’une maison, les gens jugèrent plus sage de ne pas faire de clocher et ils suspendirent la cloche sur trois poteaux devant la porte.

L'année suivante (1872) on bâtit un presbytère pour recevoir le premier curé résidant de Bouchette. Lorsque le 21 août, Mgr y arriva, ce presbytère était assez avancé pour qu'il put s’y loger. Il amenait avec lui un jeune prêtre français, M. E. Marcellin, vicaire des Allumettes, qui fut installé le jour suivant dans la nouvelle paroisse où il devait rester jusqu’en 1882. Bouchette comptait alors cent cinquante familles. Mgr. Guigues avait acheté au nom de la corporation épiscopale le lot de terre No. 16. Comme

,on manquait d'espace autour de la chapelle, il fit un échange avec un voisin auquel il donna pour quatre arpents dont il avait besoin près de l’église, un lopin de huit arpents pris dans l’arrière de son lot.

M. Marcellin se hâta, en arrivant, de terminer son presbÿtère. Ce presbytère subsiste encore aujourd’hui mais mis en meilleur état. La chapelle, pauvre et modeste bâtisse, fut remplacée en 18709.

Voici la liste des religieux qui se sont succédé à Maniwaki de 1860 à 1874, sous le supériorat du Père Déléage :

RR. PP. Louis Babel, mai 1862-22 mars 1866.

Camille Mourier, juillet 1862-20 août 1862.

Louis Lebret, septembre 1862-16 janvier 1863. Auguste Brunet, 26 avril 1863-12 septembre 1863. Camiile Mourier, 1er mars 1863-28 septembre 1863. J. P. Guéguen, 14 octobre 1864-16 février 1865.

Christophe Tissier, 14 octobre 1864-2 janvier 1865.

RR. PP. Louis Lebret, 21 octobre 1865-4 décembre 1865. Joseph Mangin, 25 février 1866-21 août 1866.

J. B. Baudin, 26 septembre 1866-31 août 1870. J. M. N'lelec, 15 octobre 1867-6 janvier 1868. Ludger Lauzon, 27 décembre 1868-11 mai 1860.

F. X. Thérien (1) 10 juillet 1869-19 octobre 1869. F. X. Thérien (2) 16 novembre 1870-8 mai 1876. J. B. Richer, 7 septembre 1870-20 juin 1872.

Hector Mauroist, 14 mars 1874-10 mars 1891.

La mission de Maniwaki sous la direction du Rév. Père Déléage faisait chaque jour des progrès. Les Pères, occupés à

leurs nombreux travaux et toujours en voyages, avaient peine à suffire à la tâche.

Depuis longtemps on songeait à bâtir une église qui fût convenable et définitive. Enfin le 19 juin 1866, le Père Tabaret étant monté à Maniwaki, fit choix de l'emplacement du nouveau temple, et l’année suivante, jour de l’Assomption, à l'appel du Père Déléage, la construction fut décidée du consentement unanime de la population.

Les travaux ne commencèrent, toutefois, que le 29 mai 1868, sous la direction de l’architecte Bourgeault et de l’entrepreneur Brennan, d'Osgoode. La première pierre fut posée le $ juillet 1868, et le 16 août de l’année suivante (1879) la nouvelle et superbe église en pierre de Maniwaki fut solennellement bénite, ainsi qu’une statue monumentale de la Vierge-Marie, par Mgr. l’évêque d'Ottawa. L'église était pourtant bien loin d’être achevée. L'année suivante (1870) le clocher fut terminé. En 1871, un vaste presbytère en pierre, pour les religieux, fut à son tour construit, et, cette même année, jour de la fête de sainte Anne, la statue monumental de Marie, patronne du pays, bénite depuis deux ans, fut placée sur le clocher de l’église.

Le 18 août 1872, Mgr. bénit une cloche de mille livres. A cette époque Maniwaki comptait déjà cent dix familles. Au mois d'août 1873, les PP. oblats cédèrent leur grande maison de bois aux sœurs-grises et s’établirent dans le nouveau presbytère, alors

complétement aménagé. Les sœurs-grises étaient établies à Maniwaki dès 1870 et y avaient pris la direction des écoles. Elles avaient habitées pendant deux ans la bâtisse qui avait servi jadis de presbytère et elles faisaient la classe dans l’ancienne chapelle.

Les oblats perdirent successivement les missions du lac Sainte- Marie (1860) de la Visitation (1868) de Saint-Garbriel de Bouchette (1872) qu'ils cédèrent à des prêtres séculiers, mais leur travaux n’en furent point diminués, car ils fondèrent sur ces entrefaites les nouvelles missions de la Sainte-Famille, de Saint-Cajétan, de Sainte-Philomène et de Saint-Boniface dont nous raconterons plus tard l’histoire.

Page 1