LL
bre 1845, n’est point celle de l'installation de M. Hughes, mais du premier acte qu'il signa.
Remontons maintenant, le cours de notre rivière, jusqu'aux missions du Calumet et des Allumettes. Le missionnaire de ces régions était M. Moreau. Sa résidence avait été fixée à Saint- Ligouri des Allimettes, mais nous doutons fort qu'il s’y soit jamais établi. En effet, le 11 novembre 1841, il écrivait à Mgr. de Montréal une iettre désolée. ‘‘ Tout est à l’abandon aux Allumettes. Il y a bien une maïson pour le prêtre, mais elle est inhabitable, sans portes ni fenêtres. L'église se trouve dans le même déplorable état.” L'année suivante, il demeurait à Bytown jusqu’au printemps de 1843. D'un autre côté, le syndic Poupore écrivait, le 23 janvier 1845, pour se justifier de sa négligence :— ‘“ On nous a amusés en nous promettant sans cesse un prêtre résidant. Or M. Moreau, que tout le monde désire posséder, ne fait chez nous, que de courtes missions. C’est pourquoi nous nous sommes découragés ; rien n’a été achevé, les souscriptions ne rentrent point et les bâtiments tombent en ruines.”
Ce grand missionnaire visitait, l'été, les sauvages, et devait voyager, le reste du temps, un peu partout. Il faisait la mission régulièrement, chaque mois, au Calumet ; autant peut-être aux Allumettes. La chapelle du Calumet fut bâtie, en 1845, par M. Moreau. C'était un édifice en bois de 70 pieds sur 35, inachevé. L'église n'avait que 50 pieds de longueur ; le reste servait de presbytère et de sacristie. En 1844 M. Moreau eut un assistant temporaire, M. Jeannotte, depuis, curé de Sainte-Mélanie, qui vit encore. M. Lynch arriva à la même époque, leur succéda à tous et desservit deux ans le Calumet, quoiqu'il résidât aux Allumettes. Au bout de ce temps, c’est-à-dire en 1846, Mgr. Bourget nomma M. Groux, curé du Calumet.* Ce prêtre n’y résida qu’un an. Il vécut dans la sacristie, fit lambrisser l’intérieur de l’église, y plaça des bancs et mit tout dans le meilleur état. Après lui, M. de Saint-Aubin, 1847 à 1849, desservit le Calumet,f d’où il visitait la
* Antoine Fleury Groux, né à Saint-Laurent de Montréal en 1820 ; ordonné en 1844, curé en 1846, du Calumet, mort en 1868, curé de Saint- Jérôme.
+ Joseph-Sidoine Saint-Aubin, né à Saint-Laurent de Montréal en 1813 ; ordonné en 1844 ; mort en 1866, curé de la Pointe-Claire.
Passe, le Portage-du-Fort et Bristol. Son successeur, M. Bouvier, fut nommé par Mgr, Guigues.
En 1845, 14 février, la petite chapelle des Allumettes comptait dix-huit bancs. |
D'autre part, M. Colgan écrivait, le 20 avril 1842, qu'il avait visité les irlandais du haut de la rivière avec le plus grand fruit. Il a trouvé aux Chenaux, M. MacDonell dans les meilleures dispositions. Outre les huit arpents déjà promis pour l’église, il en offre vingt autres et sa maison, à la disposition gratuite du missionnaire. De plus, sur le désir manifesté par son père au lit de mort, il se dispose à bâtir la chapelle à ses frais.
Citons, pour terminer, une lettre du Père Telmon à Mgr. de Montréal. Elle est datée du 25 mars 1845. En voici le résumé : ‘{ Je viens de faire quelques missions dans le haut de la vallée. J'ai laissé à Aylmer le Père Brunet trop fatigué, et j'ai pris avec moi M. Désautels. Il est fort respecté dans son diocèse ; on l’appelle mylord. Nous sommes allés aux Chats dans le Haut-Canada et nous y avons trouvé toutes choses dans le plus lamentable état. Ce côté de la riviére est absolument négligé. Les canadiens y sont en retard dans leurs devoirs religieux d’au moins deux ans. Nos retraites produisent des fruits me-veilleux ; nous faisons faire la première communion à une foule de jeunes gens de vingt ans.”
De son côté, le P. Durocher venait de donner une mission splendide À la Pointe-Gatineau.
Telle était la situation de la vallée de l'Ottawa, lorsqu'il plut à la Providence de la tirer de sa misère par la fondation d’un nouveau diocèse.