PE. RE FOLE T
Quoique M. Collins n'ait été nommé curé de Saint-Eugène qu’en août 1855 et que les premiers actes des registres portent la date de ce mois, s’il faut en croire les anciens habitants, il aurait commeticé à faire mission dans la paroisse dès l’automne de 1854, ce qui est bien possible, parce que de Bytown où il était professeur, il lui était aisé, en prenant le bateau, de se rendre, une fois par mois, à Saint-Eugène.
D'après le témoignage de ces mêmes habitants, la chapelle aurait été bénite en décembre 1853, avant que l'étage supérieur ne fut terminé ; la vente des bancs de février 1854, à laquelle faisait allusion la lettre précitée aurait rapporté $106.65 pour 84 bancs ; le père Bourassa aurait cessé ses missions au mois d’octobre 1854 et aurait été remplacé par M. Collins à la Toussaint de la même année. Saint-Eugène comptait alors une centaine de familles.
Cette paroisse augmenta rapidement. En 1857, 12 juillet, Mgr. Guigues constatait qu’elle comptait déjà 330 familles, dont un tiers d’irlandaises, et que les protestants vendaient leurs terres aux catholiques. Il donnait ordre à M. Collins de bénir le cimetière aussitôt que la nouvelle clôture en planches que l’on y faisait serait terminée ; enfin il constatait également qu’un citoyen, M. Pierre Labrosse, faisait dans la paroïsse et en dehors, une collecte pour l’achat d’une belle cloche de 800 livres.
L’évêque, voyant la prospérité croissante de la paroisse de Saint-Eugène, donna ordre de commencer, aussitôt que possible, une grande église de cent pieds de long. Une assemblée fut convoquée pour la nomination de sept syndics qui seraient chargés de faire les répartitions d'usage et de prélever les sommes nécessaires à l’entreprise.
Ce ne fut, toutefois, qu’en 1860 que les fondations de l’église furent creusées et que le contrat de la bâtisse fut donné. Les fondations étaient en pierre et le reste de la bâtsse devait être en brique.
M. Collins eut pour vicaire, pendant quelques mois de l’année 1860, le Rèv. Onésime Boucher.