ÉGLISE SAINT-JEAX-BAPTISTE
Quoique le gros de la population canadienne-française se soit toujours tenu groupé dans la basse-ville, néanmoins un certain nombre de familles commençait déjà à s'établir dans la haute-ville et surtout dans les nouveaux quartiers de LeBreton Flats et de Rochesterville. Ces catholiques étaient desservis de Hull et ne voyaient g-uère le prêtre qu'en cas de maladie. Le 28 juillet 1872, Mgr. Guigues reçut une requête signée par trente-sept des principaux citoyens de cette partie de la cité à l'effet d'obtenir l'autorisation de construire une chapelle et d'avoir un prêtre résidant. Monseigneur agréa bien volontiers cette demande et chargea un jeune prêtre français de l'évêché, M. Henri Porcile, de la fondation de la nouvelle paroisse.
* La longue résidence du Père Pallier à Saint-Joseph avait été chèrement achetée ; le lecteur nous saura gré de trouver ici la liste des déplacements de cet excellent religieux :
1851, 27 avril .Arrivé en Canada
185 1, mai. Voyage à 4a baie d'Hudson.
1851, octobre Vicariat et mission de Gloucester.
1854, septembre Professorat à BuflFalo.
1855, juillet Résidence à Caughnawaga, pour apprendre l'iro-
quois.
1855, octobre Missions au diocèse de Montréal.
1855, juin Missions sauvages du Labrador.
1858, mars Missions à BuflFalo.
1858, novembre.. .. Résidence à Maniwaki.
1860, mai Missions à Québec.
1860, août Aumônerie des sœurs-grises à Ottawa.
1862, mars. Supériorat des oblats à l'évêché d'Ottawa.
1863, septembre .... Missions à Plattsburg.
1864, novembre . . . .Cathédrale d'Ottawa.
1865, août Supériorat à Buflfalo.
1868, septembre .... Paroisse de Saint-Joseph d'Ottawa. 1874, " .... Supériorat du collège.
1877, " .... Paroisse de Saint-Joseph exclusivement.
1894, " ... .Aumônerie des sœurs-grises d'Ottawa.
M. Porcile ouvrit donc immédiatement une liste de souscriptions, et lorsqu'il se fut assuré d'une somme de mille piastres, il fit l'achat au nom de la corporation épiscopale, dulotii, bloc g., situé dans les Flats, rue Queen-West, sur lequel se trouvait une vieille maison en bois qu'il résolut de transformer tant bien que mal en chapelle jusqu'à ce que l'accroissement de la population permît d'élever un édifice plus convenable.
Les travaux commencèrent le 31 août 1872 et se poursuivirent avec la plus grande activité. Deux mois plus tard (3 novembre) monseigneur bénissait solennellement la première église de Saint- Jean-Baptiste. Cette modeste construction mesurait cent pieds sur cinquante et comptait cent-cinquante bancs. La nouvelle paroisse de Saint-Jean-Baptiste, dont M. Porcile fut nommé curé, comprit toute la haute-ville à l'ouest de la rue Bank, les quartiers des Flats, de Rochesterville, les villages de Mechanicsville, de Manchesterville, de Hintonburg et généralement tous les canadiensfrançais de la ville et de la campagne, c'est-à-dire le même territoire que la paroisse irlandaise de Saint-Patrice, moins la bande de terrain située entre la rue Bank et le canal. Les dépenses s'étaient élevées à trois mille piastres, somme considérable pour une population pauvre et clairsemée, mais l'enthousiasme dont tout le monde était animée et l'espoir fondé de voir la paroisse grandir rapidement firent accepter cette dette avec joie.
Le 28 février 1873, ^^ père Dandurand, vicaire-général, érigea dans l'église Saint-Jean-Baptiste, les stations du chemin de la Croix. Le 25 décembre de la même année, une chapelle auxiliaire fut ouverte à Rochesterville. Voici l'acte de son érection : "Le 25 décembre 1873, nous soussigné, curé de la paroisse Saint-Jean- Baptiste d'Ottawa, avons, par permission de Mgr. l'évêque d'Ottawa, ouvert au culte public la chapelle située dans le bas de la maison d'école des sœurs-grises sur la rue Rochester, à Rochesterville. Cet immeuble appartient à la corporation épiscopale. Nous avons donné la bénédiction simple à cette chapelle sous le titre de Saint-Roch et nous y avons célébré la sainte messe pour la première fois. Signé : H. Porcile, curé."
Le premier baptême de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, celui
de Hector-Jean-Baptiste Dupuis, date du jour iT.ême de la bénédiction de l'église (3 novembre 1872).
Le 13 janvier 1873, les sœurs-g-rises de la Croix ouvrirent aux Flats, l'école dite de la sainte famille. Dans le même quartier, un un professeur laïque tenait une école pour les garçons et une jeune fille avait la direction d'une école de son sexe.
Le 23 janvier 1873, ^^^ sœurs-grisçs ouvrirent une seconde école dans Rochesterville pour les filles et les garçons. Cette école eut jusqu'à cinq classes. C'est au premier étage de ce bâtiment que se trouvait la chapelle Saint-Roch.
EGLISE SAIXTE-ANNE.
Pendant que Mgr. pourvoyait ainsi aux besoins spirituels des fidèles de la haute-ville, il constatait que dans la basse-ville, la cathédrale, malgré ses vastes proportions, était devenue insuffisante. Il se résolut à faire bâtir dans la rue Saint-Patrice, en face du couvent du Bon-Pasteur et non loin de la rivière Rideau, une nouvelle église qui serait dédiée à la bonne sainte Anne, patronne du Canada. Il acheta donc au nom de la corporation épiscopale, les lots Nos. 20, 21 et moitié de 22 sur la rue Saint-Patrice et les lots 2 et 3 sur le parc Anglesea et chargea l'entrepreneur Rocque de cette construction. La bénédiction de la première pierre eut lieu le 4 mai 1873, jour de la fête du patronage de saint Joseph, et les travaux furent poussés avec tant d'activité qu'au mois de décembre de la même année l'église fut en état d'être bénite. Monseigneur Guignes, déjà fort affaibli par la maladie qui devait l'emporter, demanda à Mgr. Fabre, évêque de Gratianapolis et coadjuteur de Montréal, de venir bénir le nouveau temple (30 novembre 1873). C'était une lourde construction en pierre, sans valeur artistique mais spacieuse. Elle avait coûté quinze mille piastres auxquelles il faut ajouter dix mille piastres, prix d'une annexe construite en 1888, lourde dette qui pèse encore aujourd'hui sur la populeuse mais pauvre paroisse de Sainte-Anne. Un prêtre français, récemment arrivé au pays, M. AUeau, fut premier curé de Sainte-Anne. Il construisit le presbytère et la salle Sainte-Anne sur le terrain de l'église.