‹ Histoire de la province ecclesiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa (volume 4)Chapitre 122 sur 193 · MONASTÈRE DE NOTRE-DAME DE CHARITÉ DU REFUGE · texte numérisé non relu

MONASTÈRE DE NOTRE-DAME DE CHARITÉ DU REFUGE

Les religieuses de cette congrégation appelée vulgairement le Bon-Pasteur, ont pour but de ramener à la vertu les femmes pécheresses et de préserver du mal les jeunes filles orphelines ou exposées au danger de perdre l'innocence. Cette admirable institution fut fondée à Caen en Normandie ( 1641) par le vénérable Père Eudes, à qui l'église est encore redevable des congrégations de sœurs de Jésus-et-Marie et des missionnaires Eudistes. Le bien qu'opérait le nouvel institut fit qu'il s'étendit promptement dans plusieurs villes de France.

En 1855, Mgr. Jean Timon, évêque de Bufïalo. établit la première maison des sœurs du Bon-Pasteur en Amérique. Cinq ans plus tard, Mgr. Guigues, passant par Bufïalo, visita cette maison et tut si émerveillé à la vue de tout le bien qui s'y faisait, qu'il se résolut dès lors, à fonder un refuge semblable à Ottawa. Le 3 avril 1866, quatre religieuses, ayant à leur tête la mère Marie de Saint-Jérôme Tourneux, arrivèrent donc dans la ville et furent logées dans une vieille masure, où elles résidèrent jusqu'au 30 septembre suivant, époque de leur installation définitive près de la rivière Rideau rue Saint-André, dans l'ancienne bâtisse en bois du collège, qu'on avait transportée là. Monseigneur donna au nouveau monastère la somme de $800 en argent, et un terrain considérable ; les prêtres du collège lui prodiguèrent leurs secours spirituels ; les pénitentes affluèrent, et les bienfaiteurs ne manquèrent pas non plus. Telle est l'origine de cette institution de charité, qui a pris, depuis, de si grands développements.

Elle possède aujourd'hui un magnifique monastère en pierre, dont la première partie fut construite du 11 juillet 1875 aix ler mai 1877, et dont la seconde, à peine terminée, fut commencée le 15 avril 1895. -^ cette même date on comptait au Bon-Pasteur d'Ottawa, soixante religieuses, quarante madeleines, liées par des vœux ; soixante-six filles repenties et quarante-deux enfants qu'on y élevait dans le travail et la piété, soit un total de deux cent dix personnes.

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